Chronique de Seattle: "Les fiançailles inattendues"




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 Chronique de Seattle: "Les fiançailles inattendues"

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MessageSujet: Chronique de Seattle: "Les fiançailles inattendues"   Sam 24 Aoû - 23:40



Chronique de J. Miller


Chroniques de Seattle

"Les fiançailles inattendues".




Vous connaissez tous, habitués, non habitués, mon avis sur l’existence des vampires. Je ne suis pas réfractaire, et pour ceux dont la diatribe acerbe et potentiellement médiocre viendrait polluer notre courrier des lecteurs, sachez que non, mon avis sur la question est jugé au même titre que la valorisation d’actrice pornographique comme icône que les petites filles viendraient à suivre. Ou bien à la terrible volonté de certains utopistes à vivre nus en communion avec la nature en mangeant des racines.
Je reconnais donc déjà, bien volontiers, que oui, mon œil et ma plume sont critiques, mais surtout qu’elles sont là pour vous faire réfléchir. Si cela vous dérange, et bien ne poursuivez pas.

Hier soir, Mademoiselle Cherry Page et Monsieur Théobald de Navarre se sont fiancés lors d’une soirée mondaine potentiellement vouée à l’échec et à la frénésie d’un grand n’importe quoi, couronnée par les commentaires d’ados hystérique qui, je cite, souligne que« les vampir s’tro cool, jkif grve, Cherry el é tro sex avc Théo y vt tro vvre heureu jke a la f1 d tps. »
Au passage, rappelez-moi de faire des donations pour les dictionnaires, il doit cruellement en manquer dans les écoles.
De toutes les histoires que nous connaissons, le vampire marque sa place allègrement dans les plus belles narrations fantastiques de nos écrivains passés et futurs. Veillons à taire, les récits contemporains qui me laissent totalement pantois de désespoir. Et concentrons-nous sur le vampire, en lui-même, à la grande révélation et au fait étrange que personne ne trouve anormal, la simple idée qu’un autre prédateur décide de se révéler, pour sortir peut-être de sa triste monotonie et qu’il en arrive même à demander en mariage une humaine.
Voyons donc ce premier fait ensemble. Aucun d’entre vous ne voit les seuls deux solutions possibles. Une vie mariée à un homme qui ne donnera pas d’enfant, condamnant l’espèce ou une vie menant à la mort. Car oui, le terme, je vous déclare mari et femme, jusqu’à ce que la mort vous sépare est potentiellement et cruellement fort ironique dans la situation. Mademoiselle Page a bien plus de chance de vieillir et de mourir que sa chère future moitié.

Pourtant, comme le dit si bien @Bellas_ sur Twitter, en spammant mon compte « Wé ty compren kdal té 1vieu ki va creV é ki voit pas comen lamR ctro bô. Cherry el va dvenir 1 vampir » : Cherry Page va devenir un vampire. Et nous, être civilisé, nous ne réagissons même pas, au fait pur et simple, qu’elle va mourir. Ou non, tout dépendra de l’évolution des choses. La désacralisation de la mort atteint une apogée si grande que nous en sommes presque abominablement détachés. Mourir n’est plus vraiment mourir et l’on se prétend encore civilisé.
Alors quelle note donnée à tout cela : simplement le résultat des fiançailles.

Une soirée telle que celle-là aurait dû s’avérer cruellement belle, magnifique, entourée de roses roses et blanches et d’amour. Comme le laissait promettre le carton d’invitation, rappelant les fiançailles les plus kitch et bobo auquel nous avons tous eu droit. Une promesse d’un mariage dégoulinant de cliché et de bonheur, la blonde sexy et le ténébreux brun, image sacro saintes que l’on voit dans les plus pathétique série télévisée où la pompom girl épouse le champion de foot.

Ce soir-là, ne dérogeait donc pas à la règle : les gens beaux, et presque parfaits, se donnent magnifiquement en spectacle pour nourrir les esprits creux et tristes de gens coutumiers qui se gaveront de ces images parfaites, promptement irréelles sauf s’ils venaient à gagner à la loterie. Oui, nous avons été nourris de bonheur et de joie, enrobant la pilule du prédateur autour de confettis de perfection.
De grands visages actuels étaient présents. Vampires comme humains, faisant acte de présence comme de fidèles amis. Si la prestation de Mademoiselle de Vallambres et de son fils, semblent m’avoir pour le moins laisser sur ma faim, les fanfaronnades d’Ishthar Ins’alla profitant ouvertement avec Mademoiselle Eléa Lyes d’une publicité gratuite, m’ont clairement signalé la soirée comme être un entrelacs d’actions rocambolesques et ridicules.

Statue brisée, vampire parfait, et prêtre envolé remplacé par une femme. Oui, remplacé. Qu’est-il donc arrivé au prêtre devant donner son accord, catholique de son état. ? Et pourquoi a-t-il été remplacé par une femme, que j’ai pu apercevoir comme serveuse quelques instants auparavant ? De grandes questions pour une belle mascarade.
Il semblerait que l’on veuille nous mentir sur bien des choses. Comme la véracité d’un accord religieux sur un mariage pour le moins en désaccord avec les principes de la religion. Depuis quand un démon peut-il être couronné de bénédiction divine ? Mon manque cruel de foi, me pousse à ne point prendre en compte ce genre de chose, malheureusement, il faut croire que la tempête fut le premier présage de désaccord, la disparition du père Matthew, la seconde. Mais pour ne point perdre la face et éventuellement la main de la fiancée, l’on se satisfait de mascarade et de supercherie, transformant une famille de catholique en protestant. Je ne savais pas que Monsieur Page aurait donné ainsi son accord, mais il semblait tant et si bien emporté par une effervescence fantastique que nous ne lui en tiendront pas rigueur.

L’effervescence, parlons-en. Au cours de la soirée, la salle principale semble avoir été confinée et Dieu merci, j’ai évité de trop m’en approcher, me contentant d’être un spectateur lointain et oublié, dans mon coin, pour noter toute la frénésie qui s’est emparée de la situation. Est-ce la une magie vampirique dont nous ignorons tout ? Probablement. Mais la bacchanale qui s’est gorgée dans les lieux a montré bien évidement que l’humain est assujetti à la mascarade de l’immortel, pour sa seule convenance.
Alors, une seule question se pose ou presque : Que savons-nous réellement de ces grands et ténébreux êtres qui semblent tant vouloir se mêler à nos vies ? Ne sont-ils pas si dépendant de nous, de notre sang, qu’ils sont à l’heure actuelle, en train de manipuler l’histoire pour leur donner avantage ?

Retrouverons-nous trop tard la raison ? Ou bien parviendrons-nous à observer le rouage qu’il cache en jouant le fiancé parfait ? Il serait dommage de se rendre compte trop tard de certaines choses et voir dépérir la fleur blonde qui est au plus proche de cet échiquier.

© Code de Anéa pour N-U

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