Conseil de printemps [Charlène]




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 Conseil de printemps [Charlène]

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MessageSujet: Conseil de printemps [Charlène]   Jeu 8 Jan - 14:10

En ce début du mois de mai, le printemps aurait dû chasser les si lourds nuages du ciel de Seattle. Cependant c'est encore une fois la pluie qui accueille Ezra lorsqu'elle sort en courant de son immeuble. Ses talons hauts évitent autant que possible les flaques d'eau qui envahissent le trottoir alors qu'elle se dépêche de rejoindre sa grosse voiture américaine garée un peu plus loin dans le parking ouvert. Une fois a l'intérieur, elle se laisse tomber sur le siège dans un grand soupir de soulagement, vérifiant son visage dans le rétroviseur presque inconsciemment. Sa longue chevelure sombre n'a pas souffert des ravages de cette averse glacée, pas plus que son maquillage, toujours aussi impeccable. Elle se sourit à elle-même, s'offrant un petit clin d’œil avant de démarrer. Ezra n'est pas particulièrement narcissique, cependant sa philosophie de vie a toujours tenu à cet adage simple : aimes-toi telle que tu voudrais être aimée par les autres, sois ta meilleure amie. Alors, Ezra s'aime beaucoup.

La soirée débute a peine et déjà les lumières artificielles se sont allumées dans les rues. Ce matin, très tôt, l'inspectrice a reçu un email qu'elle a lu juste avant de partir au commissariat. Il s'agissait d'un message de Charlène Reynolds, la dirigeante des Branwen's Children qui l'invitait à une réunion du conseil très privé de cette importante famille de chasseurs. Cela fait plusieurs années en effet qu'Ezra a rejoint le conseil où siègent la dirigeante, le sous dirigeant, le bras droit ainsi que les deux conseillers. Elle même a été élue conseillère par Charlène en raison de son ancienneté dans l'organisation et de son expérience en tant que chasseuse. Ce genre de réunion ne se fait pas sans raison importante et Ezra se doute donc qu'il s'agit d'une décision stratégique à prendre concernant l’actualité de Seattle.

Lorsqu'elle parvient dans le quartier chaud de central District, Ezra choisit de confier sa voiture à un parking payant, un peu plus sûr que les rues bien connues pour être mal famées. En sortant, elle défroisse sa robe qui lui arrive un peu au-dessus du genou -une création Reynolds justement - et referme sa veste assortie, cachant quelque peu son décolleté avantageux ainsi que son arme soigneusement glissée dans son ceinturon. À peine cinq minutes de marche lui seront nécessaires pour rejoindre le quartier général des Branwen's dissimulé au sein d'un bar irlandais. Lorsqu'elle lève les yeux vers la jolie façade en bois, peinte de rouge, elle lit les grosses lettres dorées qui la surmontent : Liquid Lunch Irish Pub.

En y pénétrant , elle ne peut manquer de diriger ses pensées vers Ian, son ex-amant et père de sa fille. Elle croit savoir qu'il apprécie ce genre de lieu où l'ambiance de son pays d'origine flotte dans l'air. Ici, ce n'est pas un bar comme un autre, certes l’on y boit mais l’on discute surtout, joue de la musique, danse aux accords de cette même musique, lie connaissance, bref, un concentré de chaleur humaine sur terre ferme ! Encore ce soir, la bonhomie émane des chants de marin et des rythmes celtiques accompagnés de violon. Alors qu'elle s'avance dans la salle remplie de monde, un homme un peu éméché lui offre un sourire rayonnant gratifié d'un : "Salut beauté !" Auquel elle répond par un mince sourire. Elle sait qu'ici la cadence est bien soutenue et que l'on a du mal à résister au triptyque : deux Guiness, un Whiskey !


La chaleur est agréable dans la salle mais elle entrouvre à peine sa veste alors qu'elle rejoint le bar, hélant la barmaid d'un geste de la main pour la saluer. Le barman habituel qu'Ezra connaît n'est pas là et elle ne sait donc pas si sa remplaçante est au courant des réunions secrètes des Branwem's, mieux vaut donc un peu de discrétion. Cette jeune femme souriante vient assez rapidement à elle pour répondre à ses questions et après lui avoir commandé un coca, Ezra lui demande d'un ton léger.

"J'ai rendez-vous avec la famille Reynolds, vous pouvez me dire si Charlène, Andrew ou Aindreas sont arrivés ?"
"Oh oui ! Aindreas est par la bas, à la table tout dans le fond ! Il est tout seul pour l'instant je pense !"

Ezra sourit en la remerciant, avant de payer sa consommation. Tout en prenant son verre, elle se fraie donc un passage dans la salle pour en rejoindre le fond et poser enfin les yeux sur le frère de Charlène. Le jeune homme se lève en la voyant arriver, la contemplant dans un sourire.

"Toujours aussi jolie... "

Il s'approche d'elle pour l'embrasser sur la joue alors qu'elle rit légèrement.

" Tu n'es pas mal non plus. Tu vas bien ? Je ne savais pas si je devais vous rejoindre directement dans la salle privée. Il y a du monde ce soir."

Aindreas hoche la tête, laissant Ezra prendre place à ses côtés tandis qu'il se rassied. Elle constate que le jeune homme a un whiskey face à lui sur la table ce qui n'est peut-être pas très sage alors qu'ils sont sensés discuter de sujets sérieux ce soir. Cependant, ce n'est surement pas elle qui lui fera des reproches. Le sous-dirigeant des Branwen's sait ce qu'il fait et malgré sa grande sensibilité, c'est un homme très raisonnable et avec la tête sur les épaules.

" On va attendre Charlène et Andrew pour rejoindre la cave. Je vais... bien. J'espère que toi aussi, d'autant plus que je n'ai pas de nouvelles très réjouissantes à vous annoncer. Enfin on va attendre les autres, si tu veux bien. "

Ezra fronce légèrement les sourcils, touchée par la mine assez grave de son ami, cependant elle n'insiste pas. Ils discutent donc de choses plus intimes, leurs conversations s'éloignant intentionnellement de la chasse pour évoquer des sujets plus légers, en attendant les autres membres du conseil...
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MessageSujet: Re: Conseil de printemps [Charlène]   Dim 18 Jan - 23:53

- Merci beaucoup Eric, vous pouvez rentrer chez vous, je ne sortirais pas ce soir.

En tout cas, pas avec ma voiture de fonction c’est certain. Je souris à mon chauffeur qui me remercie et pénètre dans mon immeuble. L’ascenseur me monte jusqu’à mon étage et j’arrive enfin chez moi. Les chaussures à talons volent dans un coin de la pièce alors que je me dirige vers mon dressing. Il me faut quelque chose de plus passe-partout et surtout de plus fonctionnel avec la pluie qui recommence à tomber si je fais confiance au bruit que j’entends contre mes vitres. Le léger clapotement qui martèle les fenêtres, même dans les plus hauts étages de l’immeuble on l’entend très bien. Ma main saisit un pantalon slim de couleur sombre et un tee-shirt vert foncé, je mettrai le tout avec ma veste de moto et ça sera amplement suffisant.

Je jetais un coup d’œil à la grande glace en pied qui s’allongeait sur un mur de la pièce. J’avais un tailleur-jupe noir avec un chemisier en soie d’un vieux rose très clair et mes cheveux étaient noués en un chignon très serré. J’avais ajouté un collier long et fin en or et des perles aux oreilles. Vraiment parfaite dans le rôle de la femme d’affaires. Mais à présent, Charlène Reynolds devait laisser place à Charly et la réunion de ce soir m’attendait. Je pénétrais donc dans ma chambre pour me changer rapidement avant de me rendre dans la salle de bains pour me coiffer d’une natte beaucoup plus pratique quand il s’agira de mettre le casque de moto. Je retirais les boucles d’oreilles et le collier ainsi que mon maquillage pour opter pour quelque chose de bien plus naturel, et moins apprêté.

Un nouveau regard dans la glace et c’était parti. J’attrapais ma veste de moto que je fermais jusqu’au cou, mes bottes avec un léger talon, idéales, et mon casque comme toujours ranger bien au fond derrière tous les manteaux que j’avais créé. De nouveau dans l’ascenseur, j’appuyais sur le bouton menant au sous-sol où ma monture, comme je l’appelais parfois, m’attendais. Le clé sur le contact, le moteur vrombit doucement, mon sourire s’étira.

Je lançais ma moto sur les routes avec une prudence redoublée par le temps qu’il faisait aujourd’hui, beaucoup l’aurait trouvé exécrable mais moi je le trouvais rafraîchissant. Les voitures étaient nombreuses sur l’asphalte avec les horaires de fin de travail. Je pris donc mon mal en patience puisque j’avais quand même prévu un peu d’avance avant l’heure de la réunion. Mais au fur et à mesure mon quota de minutes s’amenuisait. Pourtant, je n’étais pas colérique, en tout cas pas de celle qui ont des colères aussi violentes qu’un orage. J’étais bien plus froide à ce niveau-là.

Je garais ma moto dans un parking assez éloigné du bar qui était volontairement situé dans un quartier pas des plus fréquentables. Pour des réunions de chasseurs, c’était mieux ; et pour éviter qu’on puisse y soupçonner la présence d’une célèbre créatrice de mode, encore meilleur. Je longeais le trottoir et ma démarche imperturbable devait en dissuader plus d’un de tenter de m’approcher. Ce qui m’arrangeait bien. Sinon j’aurais dû leur faire mal. Mon instinct et mon sens en éveil, je sondais l’atmosphère mais il n’y avait rien d’inquiétant aux alentours.

Le
Liquid Lunch affichait son néon clair sur le bitume brillant de pluie et quelques clients buvaient leur bière au dehors en échangeant bruyamment. J’aimais bien cette ambiance très « irlandaise » d’aucun dirait que ce sont mes origines qui parlent. Je salue d’un simple mouvement de tête le videur qui se tient devant la porte et entre dans le bar. La lumière est plus tamisée mais les éclats de voix sont les mêmes qu’à l’extérieur. Je fais un signe au bar. Le barman habituel venait juste d’arriver et je constatais qu’on avait embauché une petite nouvelle. Je m’entretiendrai avec le patron après la réunion pour en savoir plus à ce sujet. Le moindre grain de sable peut dérègler un engrenage et par les temps qui courent, il ne valait mieux pas.

J’englobais plus précisément la salle et remarquais, à la table du fond, mon frère en grande conversation avec Erza qui était comme à son habitude plus que ponctuelle. Je m’approchais d’eux, pas la peine de commander, je savais que l’on m’apporterait mon verre de bière à la pêche, comme d’ordinaire. Mon visage n’avait rien de lumineux ou de bienveillant quand je fus arrivée à la table. Je lançais simplement :


- Je vois que vous êtes déjà là, manque plus qu’Andrew donc.

Je n’étais pas particulièrement antipathique mais je n’oubliais pas que je n’étais pas nécessairement là pour me faire des amis. Le côté social de la famille, c’était Aindreas et je ne pouvais que constater qu’il assumait ce rôle à merveille. Ce n’était pas pour autant que je n’appréciais pas les personnes qui m’entouraient au sein des Branwen’s mais ils le savaient et je n’avais pas à en faire la démonstration à chaque fois que l’on se voyait.

Je m’installais donc à leur table et ma pinte ne tarda pas à se poser devant moi et je le remerciais. Puis je dévisageais les deux personnes qui se trouvaient devant moi. Ezra avait revêtu une de mes tenues, ce qui était courageux quand on connaissait le coin. Aindreas avait une mine plutôt sombre ce qui n’était pas son habitude. Il faudrait qu’on se trouve un temps tous les deux. Andrew arriva sur ses entrefaites sans qu’aucun de nous n’ait prononcé un mot. Aurai-je jeté un froid ?

Je regardais autour de moi et d’un même élan, nous décidions de prendre nos verres et de descendre à la cave, le QG des Branwen’s. Une fois installés autour de la table, j’ouvris les hostilités.


- Si je vous ai tous réunis aujourd’hui, c’est pour parler des récents événements. Au choix que nous avons fait et ceux que nous allons devoir faire dans les jours et les mois à venir. A la fin, nous pourrons évoquer les éventuelles cibles. Qui veut commencer ?

J’y allais rarement par quatre chemins pour ouvrir une séance et je voulais avoir un avis global avant de prendre les prochaines décisions. Nous étions un groupe, nous étions ensemble. Aindreas plongea alors son regard dans le mien avec sa douceur fraternelle si familière et prit la parole en premier.

- On t’a suivi pour ton intervention télévisée contre Théobalt, on était tous d’accord pour ne pas nous joindre aux forces de l’attentat. Tu veux savoir si après ces événements, nous sommes plus pour la force ou plus pour le retrait, j’ai saisi ?

J’inclinais la tête et mon regard passa de Ezra à Andrew. Chacun son tour de parole.

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MessageSujet: Re: Conseil de printemps [Charlène]   Mar 3 Mar - 14:33

Lorsque Charlène rejoint leur table, Ezra la salue d’un sourire sobre, sans s’émouvoir de l’entrée quelque peu froide de la dirigeante. Celle-ci conserve un visage fermé et définitivement sérieux et comme souvent dans sa manière de les aborder, elle ne s’embarrasse pas de préliminaires de politesse. Cependant, Ezra sait parfaitement que cette attitude ne cache aucune animosité ni rancœur d’aucune sorte. Charlène a endossé le rôle difficile et éprouvant de leader, juste après la mort dramatique de ses parents, et cela à un âge assez jeune. Cela explique sans doute en partie les différences considérables qui existent entre les tempéraments du frère et de la sœur Reynolds. La sensibilité extrême d’Aindreas se dévoile au travers de la peine qui brille dans ses yeux. Il reste muet et Ezra ne cherche pas à briser ce silence qui se pose entre eux durant quelques longues minutes, jusqu’à ce qu’enfin Andrew les rejoigne.

Quittant la grande salle pour rejoindre un lieu plus intime, celui-là même dévolu à leurs réunions depuis plusieurs mois, Ezra s’installe autour de cette large table ronde située dans la cave. L’endroit est dépourvu de fenêtres et une seule porte capitonnée et anti-bruit y menait, ce qui minimise au maximum les risques d’être espionné. En raison de la pénombre qui règne dans les caves, la lumière a été allumée, suffisamment claire mais nullement crue ou désagréable. Les lieux, du reste, ne sont pas austères mais la décoration est très sobre. Un écran de télévision s’y trouve, ainsi qu’un ordinateur fixe, relié à internet et de nombreuses armoires, renfermant tout le nécessaire aux réunions en matière de stylos, feutres, cahiers ou feuilles blanches. Sur l’une des parois se trouve également un immense tableau blanc qui permet éventuellement de dessiner des schémas de stratégie militaire ou d’autres choses nécessaires aux chasseurs. Enfin, un rétroprojecteur permet également de relier l’ordinateur à l’écran.

Posant son verre de coca devant elle, Ezra croise les jambes et dirige son regard vers la charismatique Charlène qui lance la réunion sans bavardages inutiles. Aller droit au but et se montrer factuel sans se perdre dans les détails, réussir à ordonner les choses clairement, ce sont ces innombrables qualités d’organisatrice qu’Ezra apprécie chez la dirigeante des Branwen’s Children. A sa droite est assis son frère, Aindreas, qui conserve un visage grave et triste. Sa voix est douce, comme toujours, mais suffisamment assurée pour témoigner de sa force de caractère. Il pose tout d’abord une question d’un ton neutre, marquant en cela le thème qu’il souhaite aborder, à savoir ces fameux attentats de mars dernier ainsi que la prise d’otages dont Charlène elle-même a été victime. De son coté, Ezra n’a pu suivre ces événements qu’au travers des journaux, papier et télévisés. Lorsque le regard de Charlène se pose sur elle, la conseillère comprend qu’elle attend son opinion, ainsi que celle d’Andrew.


« D’après ce que j’ai pu en lire, les attentats du City Hall ont été orchestrés par une bande de jeunes gens, endoctrinés par un genre de secte religieuse. Je reste sur mes positions à leur sujet, je pense toujours que nous avons bien fait de ne pas nous joindre à eux. Cependant, il me semble que nous sommes restés assez longtemps en retrait et qu’il est temps pour nous de combattre de manière plus active. Non pas avec des attentats grossiers de ce genre, qui peuvent blesser des innocents, mais en préparant une attaque précise et murement réfléchie. En bref, je suis pour la force, le dialogue est impossible à mon sens et l’attaque littéraire via les médias a fait son temps. »

Tandis qu’Ezra s’exprime, elle regarde tour à tour les membres présents autour de la table. Il n’est pas dans ses intentions de contrarier Charlène et sa manière d’agir au travers de ses interviews. Toutefois, son opinion est claire, pour elle, l’attaque frontale est la meilleure solution et de loin. C’est la femme d’action qui parle et c’est bien pour ces qualités qu’elle a été choisie en tant que conseillère. A ses mots, Aindreas conserve le silence mais le long soupir qui lui échappe montre qu’il n’est pas d’accord avec son amie. Lui-même a toujours préféré la patience et le calme aux solutions belliqueuses, il estime toujours que le dialogue et la stratégie intellectuelle priment sur l’action. Ezra ne prend pas garde à sa réaction, laissant l’oncle de Charlène prendre la parole à son tour. Andrew a une cinquantaine d’années, c’est un homme sérieux et stoïque qui ne sourit pas souvent, tout comme sa nièce. Lui-même est proche d’Ezra sur pas mal de choses, notamment pour ses préférences pour la confrontation directe. Il hoche la tête aux paroles de la jeune femme avant de répondre à Charlène, la regardant au fond des yeux.

« Il y a vingt ans, les choses étaient bien différentes. Tes parents n’avaient pas autant de questions à se poser sur la manière dont lutter contre les vampires, simplement parce que ceux-ci étaient dans l’ombre et que nos combats étaient discrets, inconnus du grand public. Mais aujourd’hui, les choses sont bien plus compliquées. »

Il marque un temps d’arrêt, regardant chacun des membres de l’assemblée avant de poursuivre.

« Je pense que le moment est venu de nous battre, en effet, et cela sans tarder. Les terroristes qui t’ont pris en otage étaient mal organisés et je comprends que tu aies refusé de t’allier à eux. Cependant, au moins, ils ont agi ! Ils ont réussi à blesser Théobald ! Qu’avons-nous fait, de notre côté ? Nous ne sommes pour lui que des moustiques qui vrombissent un peu trop fort à ses oreilles, rien de plus ! »

Andrew ne cherche pas à prendre la place de leader, il a accepté la nomination de Charlène depuis le début et il l’a toujours encouragé, même si sa jeunesse l’a parfois troublé. Cependant, il ne peut empêcher sa nature autoritaire de prendre le dessus, exacerbée par sa maturité ainsi que par un certain orgueil sans doute inconscient. Ezra a remarqué tout cela mais n’en a jamais fait la moindre remarque. Elle sait que les membres de la famille Reynolds ont beau posséder des caractères très différents, ils n’en sont pas moins unis par des sentiments sincères et une loyauté à toute épreuve. Ils ne se privent pas de dire ce qu’ils pensent, néanmoins et c’est tout cela qui plait à Ezra, elle aime ce climat de sincérité et de confiance qui règne dans l’assemblée, en dépit des disputes qui éclatent parfois. D’ailleurs, Aindreas ne manque pas de répondre, rebondissant sur les propos provocants de son oncle.

« Je ne suis pas d’accord. » Dit-il de sa voix calme. « Je refuse d’envoyer des chasseurs kamikazes au combat alors que nous pouvons poursuivre la lutte de manière plus intelligente. Pour moi, nous devons continuer à rester en retrait. Tu dois profiter de ta notoriété pour ruiner l’image de Théobald auprès du public, comme tu as déjà commencé à le faire, et ainsi s’il perd ses admirateurs, il sera seul et sans défense. C’est à ce moment-là que nous pourrons frapper. »

Il reprend son souffle visiblement meurtri avant de reprendre.

« Comme je l’ai dit à Ezra, j’ai une mauvaise nouvelle à vous annoncer. Romuald est… mort. Tué par les gardes de Théobald qu’il était en train de surveiller. »

A ses paroles, le visage d’Ezra se teinte de pitié, une moue se formant sur ses lèvres. Romuald avait été nommé conseiller de l’assemblée des Branwen’s, un peu avant elle, c’était un chasseur expérimenté et talentueux. Il ne méritait tellement pas de mourir… Elle ne prononce pas un mot mais envoie un regard de soutien à son ami Aindreas, la chaleur se lisant dans ses yeux. A présent, c’est au tour de Charlène de s’exprimer.
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MessageSujet: Re: Conseil de printemps [Charlène]   Jeu 19 Mar - 0:14

Les rires et les conversations de fin de journées fusaient dans le bar, mais mon humeur n’était pas à l’amusement. Aindreas dirait sans doute que j’étais rarement de cette humeur, j’étais devenue bien plus sérieuse depuis la mort de mes parents et personne n’oserait me le reprocher et je ne le permettrai pas. Pourtant, alors que j’arrivais près de la table, personne ne s’offusqua de mon attitude et les salutations restèrent sobres. Et une fois installée, aucun mot ne filtra. J’avais sans doute déranger une conversation entre les deux personnes qui se trouvaient face à moi. Car tel que je le connaissais, d’ordinaire mon frère y aurait été de son petit mot amusant pour détendre tout le monde mais là il n’y eu que les conversations environnantes pour occuper le silence pesant à notre table. Il faut avouer que cette réunion était l’une des plus importantes depuis mon arrivée à la tête des Children et l’avenir qui se profilait pour nous, chasseurs, et pour les hommes en général n’avait rien d’enviable.

L’arrivée d’Andrew fut le signal de départ pour la cave et chacun prit son verre pour descendre. Je n’avais absolument pas touché au mien et ce n’était pas la réunion qui m’en donnerait l’occasion, j’aimais avoir les idées claires et l’alcool même léger n’aidait pas. En tout cas, éthiquement parlant, je trouvais ça peu respectueux pour mes interlocuteurs. Sous la grande salle où chacun se retrouvait pour la soirée, le QG des Children ne se laissait pas deviner et une fois dans la pièce dédiée à la réunion, l’installation était telle qu’aucun bruit ne nous parvenait. J’avais toujours trouvé cet endroit très fonctionnel avec la grande table au centre, le téléviseur, l’ordinateur et les dossiers correctement rangé dans les diverses armoires. Mais pas le temps de s’attarder sur la décoration, il y avait des décisions à prendre alors autant entrer dans le vif du sujet de suite. D’ailleurs, autour de la table, personne ne tique quand j’ouvre le bal et demande à chacun de prendre la parole. J’aime avoir une vision générale de la situation avec les éventuels états d’âmes de chaque membre, bien que « état d’âme » soit un bien gros mot.

Aindras est le premier à réagir à mes propos comme c’est souvent le cas mais il garde un air sinistre qui ne lui est pas familier. Il faudrait que je lui parle, qu’on arrive à passer du temps ensemble, ça fait un moment que ça n’a pas été possible. Mais ce n’est pas le moment de penser à ça. Il doit y avoir un temps pour tout et celui-ci est dédié aux Children. Mon regard se pose sur Ezra. J’apprécie généralement son avis assez tranché et bien souvent judicieux. Le terme de conseillère lui convient parfaitement, elle est directe, ce que j’apprécie particulièrement, et ses compétences sur le terrain ne sont plus à prouver. Outre ce genre de détail, la personne elle-même est agréable et nous avons eu par le passé l’occasion d’échanger et de se retrouver sur certains points. En bref, j’aime l’avoir dans l’équipe et par les temps qui courent l’avoir de notre côté est une excellente chose.

Elle expose posément la situation. Les faits avant tout. Nous avions tous été d’accord pour ne pas prendre part à l’attaque et je m’en félicitais, même si le fait de savoir que ça avait néanmoins atteint Théobalt m’amusait. Lui qui se croyait si fort. J’écoutais chacun de ses mots avec un calme qui m’était habituel, je laissais la parole à chacun avant de clôturer donc intervenir pendant qu’ils exposaient aurait été extrêmement indélicat de ma part. Sans compter que je détestais quand on agissait de la sorte avec moi. Sans réelle surprise, Ezra achevait son temps de parole en assurant qu’elle était pour la force. J’avoue qu’intérieurement j’étais de son côté mais rien dans mon attitude ne trahissait mon état d’esprit. La neutralité était un élément important pour un dirigeant. Selon moi, ça évitait un phénomène dictatorial.

A mes côtés, Aindreas lâche un soupir. C’est fou ce qu’on peut s’opposer parfois comme frère et sœur. L’action armée, la force pour donner son point de vue, ce n’était pas son fort. Ça ne l’avait jamais été. Et son attitude le démontrait une nouvelle fois, mais comme Charlène l’avait imposé, on n’intervenait pas à tort et à travers, surtout quand l’un des membres n’avait toujours pas évoqué son avis. J’inclinais légèrement la tête pour remercier Ezra de sa prise de parole et me tournait lentement vers mon oncle Andrew. Je l’appréciais beaucoup, et je lui étais reconnaissante de ne pas avoir tenté de remplacer mon père et ma mère dans nos vies. Il était resté lui-même chaque jour durant et n’avait prodigué ses conseils que comme un oncle le ferait. Au conseil, il n’avait jamais remis en cause mon accès au poste de chef des Children et gardait une place importante au sein du groupe. En les voyant tous, à chaque réunion, je me disais qu’on était une sorte de famille à notre manière.

Il commença par un état des lieus reparlant un peu du passé pour situer le présent. Je penchai la tête, pour attendre la suite puisque jusqu’à maintenant il ne m’apprenait rien de rare. Cette réflexion je l’avais déjà eu, c’était une évidence. Les yeux dans les yeux au départ, il chercha ensuite le regard de chacun avant de reprendre. Lui aussi convenait qu’il fallait se battre et qu’il ne fallait pas rester inactif plus longtemps. Une nouvelle fois, je suis attentive mais je ressens ce qui couve en lui. Il aime l’action mais à présent il faut voir qu’elle n’est pas sans conséquences. Mais l’image qu’il choisit pour clore son intervention est une image forte. Une critique peut-être sur ma manière de mener les activités des Children. D’un léger mouvement de tête, je montre mon écoute et le remercie pour son intervention avant de réagir. Mon regard se tourne vers mon frère, lui permettant s’il le souhaite de prendre à nouveau la parole. Il se contente de lever les yeux au ciel et chacun ici comprend sans un mot ce qu’il souhaite faire passer comme message. La force, l’action, très peu pour lui si ce n’est intellectuel.

Mais mon regard pesant sur lui l’oblige à exprimer sa pensée. Et ce qu’il déclare ne surprend personne. Pourtant ces mots on avait sans doute tous besoin de les entendre. Parce que prôner la force sans personne pour faire valoir d’autres points de vue n’engage pas la réflexion, or, ici, on ne peut pas s’en passer. Et ce n’était pas le genre d’Aindreas de laisser dire et de rester silencieux. J’en étais convaincue, il n’allait pas bien. Calmement, il refusait pleinement et simplement l’action mais faisait valoir l’importance d’une lutte plus intelligente. Je reconnaissais alors le frère qui m’avait encouragé à prendre publiquement part au débat contre Théobalt. Mais comme les propos d’Andrew, ceux d’Aindreas étaient à nuancer. Mais ce qu’il annonça ensuite m’obligea à accuser le coup.

L’observation puis la traque et enfin l’extermination. Ça avait toujours fonctionné comme ça ; mon père me l’avait toujours enseigné ainsi. Mais la révélation avait changé la donne même si pendant un moment on s’était tous voilé la face en croyant pouvoir agir comme avant. Théobald avait changé la donne, il fallait s’adapter, et prendre de nouvelles marques. Mais la perte d’un des nôtres étaient toujours terrible. Je m’étais enfin une raison sur l’attitude d’Aindréas, avoir une telle nouvelle à annoncer n’était facile pour personne et surtout pas pour lui. Je surpris le regard d’Ezra, empli d’amitié pour réconforter de loin mon frère. Mais rien ne servait de s’attarder sur cette émotion, il fallait réagir.

Cela ne servait à rien que je les remercie chacun pour leur honnêteté, il en avait toujours été ainsi entre nous. Alors autant ne pas s’embarrasser avec les détails. Je fis un tour de table, adressait un léger sourire compatissant à Aindréas avant de reprendre la parole avec ce calme qui nous caractérisait mon frère et moi.


- C’est une terrible nouvelle que tu nous transmets là, et on pourrait être tenté du coup de défendre cette thèse de moustiques et décider de prendre le sentier de la guerre selon l’adage que le sang appelle le sang. Mais ce serait écouter nos émotions et non notre esprit comme le dit Aindreas. Pourtant je suis d’accord, on ne peut pas rester inactif mais être un moustique peut être aussi bien un atout. S’il ne manifeste pas de méfiance à notre égard, nous pourrons plus facilement nous faufiler dans la brèche le moment venu. Et puis, nous n’étions pas si inactifs puisque Romuald devait surveiller Théobalt suivant cette bonne vieille pratique : observation, traque, mise à mort.

Je laissais un moment de répit avant de reprendre :

- Nous devons malheureusement conclure que cette pratique n’est plus l’idéale. La révélation a changé les règles et il est dommage d’avoir eu une victime dans nos rangs pour nous en rendre compte. Cependant, nous devons ensemble trouvé d’autres moyens d’agir en restant discret mais pas inactif. Comme l’indique Aindréas, je vais continuer avec mon action via les médias, qui, contrairement à ce que tu penses Ezra, n’a pas fait son temps et permet de mettre en doute les personnes qui hésitent encore à rejoindre les rangs de Théobalt. Mais non seulement lui, il faut aussi et peut-être même avant, atteindre les proches de Théobalt. Alors, auriez-vous des idées ? Ou des cibles éventuelles ? Aindréas, Romuald avait sans doute un dossier, tu pourras t’en charger ? L’éplucher ?

Mon frère hocha la tête, la mine toujours sombre. Andrew ne semblait toujours pas convaincu et j’attendais l’avis d’Ezra qui était sur un autre terrain que le mien et voyait donc des choses qui pouvaient m’être inconnues.
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MessageSujet: Re: Conseil de printemps [Charlène]   Mer 6 Mai - 18:43

En dépit de la terrible nouvelle, la dirigeante des Branwen’s ne se démonte pas et conserve un calme olympien. Ezra ignore si Charlène était proche ou non de Romuald mais en tous les cas, c’est le côté professionnel qui ressort dans son comportement. Au contraire de son frère qui a toujours été bien plus sensible et démonstratif dans ses émotions, Charlène est une femme qui parvient à maîtriser totalement les siennes. Ezra ne sait donc pas ce que la dirigeante pense réellement ni si elle est affectée personnellement par cette disparition. Lorsqu’elle reprend la parole, le reste de l’assemblée se tait pour l’écouter. Aindreas se contente de boire une bonne lampée de son wkiskey, fermant les yeux quelques secondes pour se reprendre.

En quelques mots, Charlène donne le ton que prendra la suite de leurs actes. Elle prononce tout haut ce que les autres doivent penser tout bas : l’idée de vengeance est bien sûr une envie naturelle, compte tenu des évènements. De son coté, Ezra n’était pas très proche de Romuald mais elle sait qu’Aindreas partageait des liens d’amitié assez forts avec lui, ce qui explique facilement sa peine et son humeur si sombre. De son coté Andrew serre les dents mais il n’interrompt pas sa nièce. Il n’est que trop évident que le doyen des Branwen’s aurait préféré se donner à corps perdu dans la vengeance, sans attendre. Mais Charlène explique bien qu’il n’en sera rien et qu’elle refuse de laisser les émotions les guider ou les laisser aller à des actes impulsifs. Ezra hoche silencieusement la tête, en parfait accord sur ce point avec sa dirigeante. Elle sait en effet que c’est bien là ce que désireraient leurs ennemis : les troubler et les pousser à des actes inconsidérés. Et agir sur un coup de sang n’est jamais bon. En tous cas, c’est la décision de la dirigeante qui prime et les autres ne remettront jamais en cause son jugement, aussi personne ne parle durant la légère pause de Charlène.

Ezra en profite pour boire une légère gorgée de son coca, sa bouche lui paraissant désagréablement sèche. Elle comprend le discours de Charlène ainsi que sa façon de voir les choses. Demeurer discret de manière à ne pas éveiller la méfiance du clan du baron de Navarre parait sage. Mais combien de temps devront-ils encore jouer ce rôle si frustrant de moustiques ? Si la situation n’était si dramatique, Ezra en sourirait, s’imaginant sous la forme de ce vilain petit insecte, en train de voler autour du vampire. Pourtant, grâce à leur grande discrétion, ils ont réussi à ne pas se faire trop remarquer jusque-là. Est-ce une victoire ? Romuald a pourtant succombé sous les crocs de leurs ennemis, malgré les précautions des Branwen’s et leur expérience… Mais Ezra repose son verre pour écouter la suite du discours de Charlène. Les deux hommes sont tout aussi attentifs, bien qu’Aindreas finisse par terminer son alcool d’un trait, visiblement très perturbé.

Lorsque Charlène cite son prénom, Ezra incline doucement son visage de côté, sans chercher à contrarier les paroles de sa dirigeante. Elle a déjà dit ce qu’elle pensait mais elle ne le répètera pas et puisque Charlène a décidé que cette tactique était encore correcte alors cela se fera. Peut-être en effet que cette attaque médiatique réussira à freiner de nouveaux probables partisans de Théobald à rallier sa cause… Qui sait ? Ce ne serait clairement pas inutile même si Ezra pense que c’est loin de suffire. Mais Charlène elle-même admet que cela ne sera pas suffisant de se contenter de jouer le rôle de frein, elles sont donc d’accord sur le fait qu’il faudra évoluer et adapter leurs tactiques à l’aire actuelle. Lorsque Charlène pose ces questions, les deux hommes se contentent de réponses muettes et de signes sobres de la tête. Charlène croise alors le regard d’Ezra, dans l’attente visible de son avis et la policière hoche la tête avant de répondre.

« L’idée d’atteindre les proches de Théobald avant de s’attaquer à lui me parait très bonne. Ainsi, nous pourrions le déstabiliser, sans pour autant mener une attaque trop frontale et ainsi conserver une certaine discrétion. Cela rejoindrait tous nos avis, je pense… »

Les deux hommes hochent la tête, laissant Ezra poursuivre.

« Nous connaissons les proches alliés de Théobald, du moins ceux qui se sont révélés devant les médias. Aymeric qui est son bras droit. Oriana son infante qui s’est révélée au moment des fiançailles de Théobald. Nikolaï le dirigeant du Croquant ainsi que son infante Milena. Ambroise le leader de sa propre secte et sa fille Fanny. Je n’en connais pas d’autres… Mais il y a aussi les humains qu’il manipule comme sa fiancée, Cherry Page.»

Ezra fit une pause pour mieux réfléchir. Elle devait bien avouer qu’elle ne connaissait aucun des proches de Théobald ni de près ni de loin. Même si elle avait pris soin de rassembler toutes les informations le concernant, il fallait bien dire que l’entourage du vampire était très bien protégé et qu’on n’en savait pas grand-chose, sauf ce qu’il désirait bien en montrer. Elle reprit enfin en s’adressant à Charlène.

« Je ne sais pas ce que tu en penses, mais les humains qui fréquentent de trop près les vampires risquent plus que la mort. Ils risquent de recevoir la même malédiction, de se voir transformé eux aussi en vampire. Un être comme Théobald ne serait-il pas du genre à se faire plusieurs infants pour se créer une armée de monstres ? Dans ce cas, sa fiancée est surement une cible potentielle… non ? Nous devrions peut-être commencer par nous concentrer sur elle, en la protégeant autant que possible... Et par la suite, nous attaquer à ses autres infants. Oriana et d'autres s'il en existe...»

Si Ezra ne se trompe pas, Charlène connait Beverly, la meilleure amie de Cherry. Peut-être en sait-elle plus à ce sujet… Elle attend donc de connaître le point de vue de la dirigeante.
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MessageSujet: Re: Conseil de printemps [Charlène]   Lun 22 Juin - 0:18

Il ne faut pas s’appesantir sur la terrible nouvelle qui vient de nous être annoncée. Agir dans l’instant serait dangereux pour le groupe. Autant préférer la vengeance qui laisserait passer du temps et comme on le sait puisque c’est un plat qui se mange froid, cela permettait de garder les idées claires pour d’autres priorités, comme celles qui concernaient la position du clan. Les règles quasiment ancestrales des Children n’avaient jamais vraiment évoluées. Et la révélation vampirique n’avait pas amenée de réels changements dans le fonctionnement du groupe. Je n’avais pas tout de suite pris ma place de dirigeante qui m’était revenue à la mort de mon père. Les émotions qui m’avaient submergé avec le décès brutal de mes parents m’avaient conduite sur une autre voie et seule la diplomatie d’Aindréas avait amené les membres du conseil à attendre mon retour.

Depuis, il y avait eu de nouvelles priorités et la manière de fonctionner n’avait jamais été réellement remise en cause. A présent, il était temps que cela change mais tout refondre d’un coup n’apporterait que du chaos et c’était déjà bien assez le cas autour de nous alors il faudrait y aller progressivement. Sans compter que faire un coup d’éclat auprès des vampires actuellement pouvait être un faux pas impardonnable surtout qu’ils étaient presque en odeur de sainteté auprès de la majorité de la population. Evidemment, c’était la meilleure option si l’on voulait agrandir notre liste d’ennemis, qui n’avait pas besoin de ça. Et d’ailleurs, je ne le souhaitais pas non plus. Je laissais flotter un moment de silence après ma première prise de parole. Chacun en profita pour songer à leur propre avis et aux priorités à venir. C’était profitable à tous mais je n’avais pas terminé d’exposer tout ce que j’avais à dire alors je repris.

Il est évidemment que de part la pression médiatique sur laquelle je peux agir, je pourrais instaurer la méfiance à l’égard de Théobald et ses fidèles mais ça ne fera pas tout et autour de cette table on le savait tous. Mon regard tomba sur Ezra qui hochait lentement la tête sous mes propos. Elle avait sans doute conscience que ces propositions étaient des plus raisonnables en attendant de les durcir avec le temps. L’organisation du conseil permettait cet équilibre des forces, nos personnalités bien différentes. Ezra, la raisonnable, Andrew, le doyen, Aindréas, l’émotionnel, Romuald, le cheval fou et moi, la dirigeante. A nous tous, nous étions la tête pensante des Children. Il allait nous falloir un nouveau cheval fou mais ceci n’était pas une priorité pour le moment, ça le deviendra quand même, il faudrait que j’en parle à Andrew. Il était celui qui connaissait le mieux le groupe et j’avais confiance en son choix malgré nos désaccords. Nous étions assez intelligents pour faire la part des choses. Je clôturais mes propos par une demande à Aindréas qui se contenta de hocher la tête.

La mort de Romuald l’avait plus atteint que je ne le pensais. Je m’en fis la réflexion quand je le vis vider d’un trait son verre d’alcool. Mais je ne dis rien, nous pourrons en parler après ce conseil. Je l’inviterais à venir à l’appartement. Je n’avais pas été très disponible dernièrement et je m’en voulais mais pour l’instant, les affaires étaient les affaires. Mon regard quitta mon frère pour se fixer sur Ezra que j’invitais silencieusement à réagir. Aindréas était trop affecté et Andrew continuait de mâchonner sa rancœur. Mais ça lui passerait rapidement. La jeune femme se mit alors en devoir de répondre tout d’abord en annonçant un avis positif quand à mon idée de rester discrets mais de s’attaquer aux proches de Théobald. Instaurer un climat de terreur ou du moins d’appréhension autour de lui pouvait n’être que bénéfique. Aindréas et Andrew acquiescèrent en silence. Mon oncle d’ailleurs s’était quelque peu calmé pour être attentif aux propos de la jeune femme. Elle enchaîna sur les proches de Théobald. Cette mise au point était essentielle pour nous rappeler à tous qui étaient nos ennemis et les cibles à atteindre en priorité. Je la laissais terminer tout en notant mentalement que je devrais revenir là-dessus juste après sa prise de paroles. Quand elle évoqua Cherry, je tiquais un peu. Dire qu’elle était une amie très proche, pas au point de connaitre Charly des Children mais assez pour savoir que je n’appréciais pas les vampires et qu’elle était tombé dans les pattes de ce type. Sans rien perdre de ses propos, je tends la main vers mon verre mais sans boire pour autant. Ezra s’adressait directement à moi il fallait donc que mes oreilles soient grandes ouvertes pour ne rien louper.

Avait-elle lu dans mes pensées ? Je me disais la même chose malheureusement, étant donné les derniers événements, cette tâche de protection ne pouvait que difficilement me revenir. En revanche, il y avait Aindréas, et il y avait Beverly qui voulait me faire engager une nouvelle mannequin sur laquelle Théobald aurait jeté son dévolu. J’inclinais la tête, jetant un œil sur Aindréas qui avait le regard perdu dans son verre et un œil sur Andrew qui n’attendit pas pour faire valoir sa parole :


- Je veux pas aller contre toi, Ezra mais il faudrait faire d’une pierre plusieurs coups. Il faudrait qu’on puisse en même temps protéger cette humaine. Excuse-moi Charly je sais que c’est une amie à toi… (je fis signe que ça m’était égal) Donc la protéger tout en gardant à l’œil les infants mais surveillé Théobald lui-même semble être risqué, voyez le sort de Romuald.

J’étais d’accord avec les deux. Il fallait agir sur plusieurs tableaux. Attaquer par différents côtés, encercler l’adversaire sans qu’il s’en rende compte. J’acquiesçai et après un nouveau regard sur mon frère qui ne paraissait toujours pas décidé à parler, je pris la parole.

- Tu as raison Ezra et toi aussi Andrew. Il faut pouvoir tisser une toile autour de Théobald et ses amis sans qu’ils ne s’en rendent compte. En surveillant Théobald lui-même, on sait qu’il garde un œil sur nous. Ce que je propose c’est de continuer de l’attaquer mais uniquement médiatiquement parlant, comme le soulignait Andrew, les médias ne sont pas une véritable forme d’attaque et pour Théobald c’est donc négligeable. Pendant ce temps, on s’intéressera à ses Infants et on essayera de les mettre hors d’état de nuire dès que possible.

Je m’arrêtais un instant, m’apprêtant à distribuer les différents ordres de missions pour chacun des membres du conseil qui devront ensuite le transmettre à nos équipes dites de terrain. Il fallait que je sois claire et que je ne lèse personne, même si j’avais toujours des difficultés à confier des missions trop dangereuses à Aindréas. Il était ma seule famille proche et je ne voulais pas risquer de le perdre.

- Ezra tu pourrais te pencher sur Oriana ainsi que Nikolaï et Milena et demandant l’aide d’Aindréas si besoin. Andrew je voudrais que tu t’occupes plus particulièrement d’Ambrose et Fanny et tous les fidèles fanatiques qui pourraient s’avérer dangereux. Quant à toi Aindréas, il faudrait que tu uses de ton charme et de ta diplomatie sur Cherry afin de la garder sous protection sans qu’elle le sache, évidemment, j’essayerai d’entrer dans ses bonnes grâces. A ce sujet, Beverly, la meilleure amie de Cherry m’a contactée pour que je rencontre une mannequin à laquelle Théobald semble beaucoup tenir, en l’utilisant elle nous pourrions l’atteindre lui mais ça reste un projet non effectif.

Voilà qui me semblait bien. Mais j’avais oublié un petit quelque chose :

- Ah oui, j’oubliais. Andrew, tu pourrais te charger de trouver un nouveau membre du conseil pour remplacer Romuald. Je me charge d’organiser les funérailles auprès des children et je suppose que Aindréas tu accepteras d’aller voir la famille.

Il hocha la tête, depuis les ordres de missions il semblait retrouver un peu de couleur et de vivacité. Le conseil touchait à sa fin sauf si quelqu’un voulait encore prendre la parole.

- Y’a-t-il encore des questions ? Ou quelque chose que l’on aurait oublié ?
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MessageSujet: Re: Conseil de printemps [Charlène]   Mar 30 Juin - 13:35

Lorsque le doyen de l’assemblée prend la parole à son tour, les autres l’écoutent avec attention. Chacun des membres du conseil a été choisi pour ses compétences en matière de stratégie mais également pour ses connaissances du monde des vampires. Andrew combat les vampires depuis très longtemps et c’est un guerrier redoutable sur le terrain. Ezra le connait depuis ses quinze ans, âge auquel elle a commencé son entrainement de chasseuse, et c’est Andrew qui lui a appris les bases du combat et les points faibles de leurs ennemis. Elle le respecte donc énormément et écoute toujours ses avis avec le même intérêt, d’autant plus qu’Andrew est une des rares personnes à avoir connu de près son père… Cet inconnu qu’Ezra n’a jamais rencontré et qu’elle idéalise tellement…

« Je suis d’accord avec toi, Andrew. »

Elle hoche la tête avant de tourner le regard vers Charlène qui répond à la remarque d’Andrew concernant Cherry. La fiancée de Théobald est donc réellement son amie ? Ezra n’en était pas certaine mais voilà qui est confirmé. Quoiqu’il en soit, la dirigeante des Branwen’s reste tout aussi imperturbable, ne démontrant aucun signe d’inquiétude ou d’émotivité quelconque. Charlène prend soin d’offrir un regard à son frère avant de prendre elle-même la parole et de mettre au point la suite des évènements. Ezra n’y trouve rien à redire, étant d’accord avec la ligne de conduite choisie, elle écoute la dirigeante qui détermine les cibles de chaque membre du conseil ainsi que leurs missions. Ezra fera donc équipe avec Aindréas pour surveiller l’infante de Théobald ainsi que ses partisans, les deux dirigeants du Croquant. Ces tâches ne l’effraient pas, bien qu’elle soit conscience de leur importance tout autant que de leur dangerosité. Elle croise le regard de son ami Aindreas qui semble aller un peu mieux et avoir retrouvé des couleurs. Lorsque Charlène demande si qui que ce soit a des questions, Ezra secoue la tête en signe de négation. Le projet de la dirigeante concernant le mannequin proche de Théobald la fait tilter car bien-sûr, Ezra pense à sa mère, Rachel, une chasseuse qui fait aussi partie des Branwen’s Children. Rachel dirige une agence de mannequin et travaille avec l’agence de stylisme des Reynolds.

« Je n’ai rien d’autre à ajouter. Oh si… Enfin, concernant ce projet dont tu nous parles concernant le mannequin, ma mère pourra collaborer avec toi. Je peux lui en parler dès ce soir si tu veux. A part ça, je me pencherai sur mes cibles dès que possible et si Aindreas est d’accord, on partira faire un tour au Croquant demain soir. »

Le jeune homme a la force de sourire à Ezra, lui démontrant par là qu’il est on ne peut plus d’accord. Il lui fait même un léger clin d’œil, toujours aussi séducteur, ce qui promet qu’ils pourront tout deux joindre l’utile à l’agréable, chose qu’Ezra ne rejette jamais. Elle ignore si Charlène sait qu’Aindreas est son amant, elles n’ont jamais vraiment eu l’occasion de discuter ensemble de manière trop personnelle. Certes, les histoires privées au sein d’une équipe peuvent parfois déraper et instaurer un climat tendu mais ça n’a jamais été le cas entre Aindreas et Ezra car rien de sérieux n’existe dans leur relation si ce n’est leur amitié, le reste n’étant que sexe et libertinage. Puisque les deux hommes nont rien à ajouter eux non plus, Andrew reprend, de son éternelle voix grave avant de chercher son paquet de cigarettes dans sa poche.

« Hé bien, je pense que la réunion est close dans ce cas… Si vous n’avez plus besoin de moi, je vais vous laisser. J’ai envie d’aller me renseigner sur cet Ambroise et sa fille dès ce soir… Ils sont bien placés à Seattle et le nombre de jeunes qui viennent remplir leur foutue secte ne fait qu’augmenter. »

L’homme se redresse avant de s’allumer sa cigarette et en inspirer une franche bouffée, visiblement satisfait de la réunion et impatient de pouvoir plonger dans le cœur du sujet. Il se rapproche de sa nièce pour poser sa main calleuse contre son épaule, seul signe d’affection auquel il se laisse aller. C’est dans un signe de tête à son neveu et à Ezra qu’il prend alors congé, se détournant pour sortir de la salle. De son coté, Aindréas pousse un long soupir et regarde sa sœur, dans un mélange de tristesse et de chaleur.

« Le jour où tu iras voir ta copine Cherry, fais-moi signe, tu pourras me la présenter, ce sera peut-être plus simple comme technique d’approche. Et après, si je la séduis, on sait jamais qu’elle tombe sous mon charme et qu’elle plaque son vampire. Théobald aura le cœur brisé et il se jettera au feu. Fin de l’histoire, haha ! »

C’est un rire cynique qui lui échappe, le whisky qu’il a descendu n’y étant sans doute pas étranger. Ezra se redresse à son tour, dans un sourire chaleureux qu’elle adresse à son ami avant de chercher le regard de Charlène, toujours aussi professionnelle et un peu distante.

« Tu as prévu quelque chose pour la suite de ta soirée, Charlène ? Je me disais qu’on pourrait… aller boire un verre en haut de manière plus détendue ? »

Il semble bien qu’Aindreas en ait besoin et Ezra ne sera certainement pas contre le fait de changer d’atmosphère et de rencontrer une ambiance plus légère pour se vider l’esprit. La mort de leur équipier est si proche… De son coté, Charlène ne laisse rien passer de ses émotions mais il lui sera surement profitable de se lâcher un peu, pour une fois.
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MessageSujet: Re: Conseil de printemps [Charlène]   Mer 19 Aoû - 2:11

Quand Ezra acquiesça aux paroles d’Andrew, je ne fus pas surprise, il existait un lien ténu entre eux, pas exactement comme père et fille mais plutôt comme un parrain qui aurait pris sous son aile l’orpheline de père qu’elle était. Je ne creusais pas plus que cela, je n’avais jamais cherché non plus. La curiosité n’était pas dans ma nature, je me contentais de ce que je voyais ou de ce que j’entendais mais je ne poussais pas les autres aux confidences. Ça c’était AIndreas, quoi qu’il ne force personne à se confier. Il semble que ce soit presque inné en lui. Sauf entre frère et sœur, ça ne fonctionnait pas vraiment, parce que sans doute je ne faisais pas d’effort non plus. Mes secrets je les entretenais comme autant de fleurs dans un jardin.

Chacun avait pu donner son point de vue et il fallait clôturer cette séance. Je n’affectionnais pas particulièrement ces conseils qui s’éternisaient jusqu’à plus d’heure, remettant les projets aux calendes grecques et les actions bien plus tard. C’était parfois le cas dans le monde de la mode, mais quand je menais les Branwen’s, ça ne se produisait généralement pas. J’avais une ligne conductrice, ou alors, comme aujourd’hui, elle s’imposait d’elle-même. Nous devions prendre position, je devais prendre position. Andrew venait de finir sa petite tirade et comme chacun semblait attendre mon tour, j’annonçais les lignes de conduite à suivre en espérant trouver le juste milieu, ne lésant personne, et pouvant prendre une nouvelle voie dans notre lutte contre les sangsues.

Je laissais mon regard glisser sur chacun pour vérifier que mes paroles avaient été bien entendues et acceptées. Andrew hocha brièvement la tête et pianota sur la table, il attendait la fin. Aindréas me signifia d’un geste que c’était bien compris et enregistré mais n’avait apparemment pas envie de dire le moindre mot. Seule Ezra proposa de compléter une partie de ce qui avait été dit. Sa mère était aussi dans le milieu de la mode, et en tant que membre des Branwen’s, elle pouvait s’avérer une alliée de poids, je le notais mais comme rien n’était fait pour le moment je préférais rester prudente :


- J’en prends note Ezra, mais comme pour le moment rien est fait autant ne pas mettre la charrue avant les bœufs, je n’ai pas encore rencontré la fille en question et Beverly est plutôt fantasque même si son inimitié pour Théobald est sincère tout comme sa loyauté envers Cherry.

Mais tout cela était un autre sujet, bien plus personnel et légèrement plus douloureux. J’avais parfaitement conscience qu’en attaquant par les médias le fiancé de celle que je considérais jusqu’alors comme ma meilleure amie, j’avais réduit quasiment à néant ces années d’amitié. Même si je n’avais pas encore eu l’occasion de lui parler de vive voix. Je doute que ça puisse arriver dans un futur proche mais le hasard est plein de surprises. Alors je ne préférais pas tirer de plan sur la comète à son sujet. Je verrai bien. Il est des sacrifices que je suis prête à faire pour la cause. Certains avaient faits d’autres choix bien plus terribles pour la leur, comme tuer mes parents. Andrew profita de mon temps d’introspection pour clore la séance. Mais je me contentais d’acquiescer, je n’allais pas me vexer pour si peu. Et puis, le besoin de nicotine se faisait sentir, je l’interdisais pendant les réunions puisque l’atmosphère enfumée n’était pas des plus agréables selon moi, mais je pouvais comprendre qu’on ait besoin d’une pause de cette nature, même si personnellement j’étais plutôt pour le contrôle de soi et de l’effet des drogues sur soi.

Pourtant mon oncle ne résiste pas à tirer sa première bouffée, puis il pose sa main sur mon épaule, un regard vers mon œil noir et un sourire de sa part puis un signe à Ezra et Aindreas et il nous quitta. Il était donc temps pour moi de regagner mon loft et de profiter de ma nuit pour travailler sur la prochaine collection même si je savais que cela pourrait attendre, nous étions plus que dans les temps, je m’en assurais assez pour ça. C’est la voix de mon frère qui me ramena là où je me trouvais. Je lui adressais un petit sourire de côté :


- Au risque de te décevoir, je crois que ma prochaine rencontre avec Cherry risque d’être plus froide que la banquise même si avec le réchauffement climatique tout est une question de point de vue. Mais critiquer ouvertement Théobald n’est pas une franche déclaration d’amitié. Même si j’ai le droit de ne pas apprécier son fiancé, lui déclarer la guerre est bien différent… tu en conviendras.

J’arrachais un sourire cynique une nouvelle fois au visage de mon frère, il était de sombre humeur ce soir et j’étais convaincue que le whisky ne l’aidait pas à s’améliorer. Cela doit mettre mal à l’aise Ezra parce qu’avec chaleur elle tente de réchauffer l’atmosphère, je le ressens bien malgré moi. Mais j’apprécie cette volonté de sa part de tenter d’éviter que tout le monde sombre dans le sinistre. Elle propose un verre de manière informelle, plus décontractée, amicale… Avec Aindreas, ça ne me surprenait pas mais avec moi c’était différent. J’appréciais son travail, et sa loyauté, mais non n’étions pas des amies. Pourtant ce soir, ça me ferait du bien d’avoir l’esprit un peu plus léger. Ça pourrait faire du bien à Aindreas aussi si je restais, on pourrait repartir ensemble.

- J’avoue que retourner travailler chez moi était en projet mais je crois que je vais accepter de rester un peu avec vous. Après je ramènerai Aindreas à la maison.

Il murmura un truc sur le fait de couver quelqu’un, et que je n’étais pas sa mère je crois, mais j’ai haussé les épaules. J’ai indiqué à Ezra que je les attendrais là-haut et je m’installais à une table en commandant un cocktail sans alcool, mon frère boira pour nous deux, je préparais le numéro de mon chauffeur au cas où.
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MessageSujet: Re: Conseil de printemps [Charlène]   Lun 16 Nov - 12:44

Ezra ne peut qu’acquiescer aux paroles de Charlène. Bien qu'elle n'ait jamais rencontré Beverly, elle la connaît de réputation au travers des interviews ou des reportages télévisés et la mannequin semble effectivement posséder un caractère assez spécial. Au moins, toutes les informations ont été échangées et il ne leur reste plus qu'à clôturer le conseil. Suite à la réflexion cynique d'Aindreas, Ezra remarque le ton sur lequel Charlène lui répond. Bien entendu, celle-ci demeure tout aussi impassible qu'à son habitude et rien ne filtre de ses réelles émotions, cependant Ezra croit détecter de vagues regrets dans ses mots. Il est évident que si Charlène a osé critiquer ouvertement le fiancé de son amie, cette dernière risque de très mal le prendre. Ezra ne relève pas dans l'immédiat, se contentant de proposer un programme plus détendu pour le reste de la soirée, avec l'espoir que le frère et la sœur Reynolds acceptent sa proposition. La réponse ne se fait pas attendre de la part de Charlène, ce qui surprend presque Ezra. Sans savoir pourquoi, elle était pourtant presque sûre que la dirigeante déclinerait l'invitation… Depuis le temps qu'elles se connaissent, elles ont rarement eu l'occasion de passer du temps ensemble en dehors des activités du conseil ou des affaires des chasseurs.

« Boire ou conduire… tu connais la suite ! »

Ezra se moque gentiment d'Aindreas qui ronchonne avant de sourire à Charlène qui s'éclipse assez rapidement de la salle. Restée seule avec le jeune homme, Ezra se rapproche de lui, lui offrant un regard de velours. C'est avec tendresse qu'elle entoure ses épaules de ses bras, déposant un baiser sur ses lèvres. Celles-ci ont encore le goût du whiskey… Aindreas soupire doucement avant de se laisser aller à la douce étreinte, répondant au baiser de son amante. Lorsqu'il détache son visage du sien, c'est pour lui offrir un visage plus grave. Il lui murmure qu'il est heureux qu'elle soit là et que sa présence lui est bénéfique. Mais c'est sur ces dernières paroles qu'il se détache d'elle pour lui proposer de rejoindre sa sœur.

« Il faut que je sorte un peu, j'ai besoin de prendre un peu l'air… Commande moi un whiskey s'il te plaît, je vous rejoins. »

C'est ainsi qu'ils remontent dans la salle principale du pub et pendant qu'Aindreas se dirige vers la sortie, Ezra balaie l'endroit du regard, à la recherche de la table de Charlène. Elle la repère assez vite, installée dans un coin sympa, et se dirige donc vers elle pour prendre place à la table. Avisant la serveuse, elle commande une Guiness pour elle ainsi que le whiskey d'Aindreas avant de se retourner vers Charlène.

« Ton frère est un peu chamboulé ce soir. Il est parti faire un tour mais il m'a dit qu'il allait bientôt arriver. C'est drôle, vous êtes tellement différents tous les deux... »

Ezra prononce cette dernière phrase sur un ton tout aussi amical mais où une pointe de curiosité vient se loger. Il est vrai que les deux Reynolds sont comme le jour et la nuit, autant Aindreas paraît émotif et à fleur de peau, autant Charlène semble imperturbable. Mais Ezra devine que la jeune femme doit garder énormément de choses pour elle et ce n'est sans doute pas à son frère qu'elle peut réellement se confier. Au contraire, elle se doit de rester forte pour son frère, peut-être par un désir de protection au vu de sa fragilité émotionnelle mais également parce qu'en tant que dirigeante, elle peut plus difficilement se laisser aller. Ezra ignore si Charlène éprouve un manque à ce niveau, si le fait de ne pouvoir se confier ou se décharger à personne peut ou non être un poids pour la jeune femme. Elle poursuit donc, essayant de creuser avec délicatesse.

« Ce ne doit pas toujours être facile d'être la sœur aînée, n'est ce pas ? Moi, je suis fille unique mais j'essaie d'imaginer ce que ça peut faire… La perte de vos parents a été assez difficile à vivre pour lui, je le sais parce qu'il m'en parle mais ce ne doit pas être plus simple pour toi, surtout avec toutes les responsabilités qui te reviennent maintenant. Tu es une femme très courageuse. »

Ezra et Charlène ne se connaissent qu'en tant que « collègues » mais serait-il possible qu'elles deviennent amies ? Tout en se posant la question, Ezra accueille d'un regard souriant le retour de la serveuse qui arrive avec le plateau sur lequel se trouvent leurs commandes. Elle remarque alors le joli cocktail à coté de la bière et du whiskey, concocté dans un beau verre agrémenté de tranches de fruits. Que la jeune femme se soit fait plaisir est une bonne chose mais Ezra est loin de se douter que ce cocktail est sans alcool. Ce n'est que lorsque la serveuse prononce tout haut les commandes pour savoir devant qui elle doit les déposer qu'elle le comprend et esquisse un vague sourire.

« La guiness est pour moi. Vous pouvez déposer le whiskey ici... »

Lorsque la serveuse s'en va, Ezra en profite pour taquiner doucement Charlène.

« Oh allons… tu es vraiment sage ce soir. Est ce que Charlène Reynolds est toujours aussi sérieuse ? »
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MessageSujet: Re: Conseil de printemps [Charlène]   Jeu 17 Déc - 1:17

Il était temps de clôturer ce conseil puisque tout avait été dit. L’état dans lequel se trouvait mon frère m’inquiétait un peu mais je gardais ces idées et les questions qui les composaient pour plus tard, lorsque nous serions que tous les deux et qu’il pourra me parler sans autres oreilles que les miennes et seulement s’il le voulait. Mais j’ai besoin de me changer un peu les idées. Depuis ma prise de parole contre Théobald de Navarre, j’ai l’impression que mes journées s’enchaînent sans jamais se poser réellement alors je préfère passer un peu de temps avec Ezra et mon frère plutôt que d’aller tout de suite m’enfermer entre mes quatre murs à réfléchir aux prochaines échéances, aussi bien pour le clan que pour ma marque.

Je prends toutefois mes distances en partant la première vers la salle haute laissant aux autres le temps de me rejoindre. J’aime bien l’ambiance du Liquid Lunch avec ses posters et affiches irlandaises à tout va, même jusqu’au plafond. La musique oscille entre U2 et The Franck and Walter’s quand on ne laisse pas des groupes de la ville venir faire un showcase. C’est toujours sympa d’avoir du live. En tant que Charly, je passais beaucoup plus de temps ici autrefois qu’aux soirées cocktails de la ville comme avec Charlène maintenant. Quand la célébrité arrive, il faut savoir faire des choix. Tout comme lorsqu’on devient chef d’un clan.

Aindreas traverse la salle vers la sortie, sans doute pour marcher un peu dans la solitude bruyante des rues environnantes. Ça ne servirait à rien que je lui cours après pour lui dire que je suis désolée d’avoir perdu un membre du clan. Ça ne servirait à rien parce que je ne serais pas empathique. Nous sommes en guerre et toutes guerres comportent des pertes. Je l’avais compris en perdant mes parents et depuis, les morts ne me touchaient plus de la même manière, l’intensité ne serait plus la même. Sauf si je perdais Aindreas. Et encore, je ne pourrais jamais en être vraiment sûre et je ne souhaitais pas le voir mourir uniquement pour connaître mes émotions alors. Ce serait un jeu sadique et immoral.

Ezra cependant me rejoint. Elle aussi a compris le besoin de solitude de mon frère. Ce qu’elle me dit, sans chercher pour autant un prétexte à la conversation, ne m’étonne guère. Je hausse les épaules avec une certaine impuissance.


- Je m’en doute, ou plutôt, je sais bien. Je connais mon frère malgré nos différences. Quelque part, nos différences nous aident, elles nous permettent de nous compléter ce n’est pas plus mal. Mais dans une situation comme celle-là je ne suis pas certaine d’être la sœur ainée rassurante et aimante. Pour ça, je crois qu’il pourra compter sur toi.

J’avais ajouté ces derniers mots avec un petit sourire et dans le même temps, j’avais joins mes mains sur la table. Les paroles d’Ezra qui suivirent me firent simplement hocher la tête. Elle avait raison, être fille unique devait l’amener à nous regarder comme une curiosité. Peut-être se demandait-elle parfois comment elle-même si elle avait été une grande sœur ou une petite sœur aurait réagi. Aindréas et moi avions toujours été proches dans notre enfance. Mais j’étais la championne, celle qui réussissait les exercices à l’entrainement mené par notre père et il était le champion qui réussissait les exercices à l’école. Il m’avait aidé, je l’avais défendu et inversement. C’était toujours un prêté pour un rendu mais jamais donnant donnant. Tout allait de soit, c’était mon frère. Mais la mort de nos parents avait changé la donne de départ. Parce que je n’avais pas agi comme la sœur protectrice que j’avais toujours été. J’avais agi en animal blessé, réfugiée dans ma souffrance, j’avais fui. Et ensuite j’avais fait ce pour quoi j’étais le plus doué, avant même le dessin, j’avais traqué. Mais je n’avais rien dit à Aindréas et il n’en parlait jamais avec moi. J’ai fixé un petit moment Ezra dans les yeux et puis j’ai regardé mes mains en disant :

- C’est bien qu’il ait quelqu’un comme toi dans sa vie. C’est bien qu’il te parle de ça. Qu’il puisse se confier. La mort de nos parents est un sujet délicat, pour lui comme pour moi. Entre nous, c’est un événement dont on ne parle pas.

La douleur serait sans doute trop vive. J’aurais pu sombrer dans la mélancolie si la serveuse n’était pas arrivée pile à ce moment-là avec trois commandes. Je reconnus le whisky pour Aindréas et j’en déduis que la bière est pour Ezra. Mon cocktail est coloré à souhait, reflétant un peu l’exact opposé de mon état d’esprit. La serveuse annonce la couleur et je prends ma commande avec des remerciements prononcés à voix basse. Je laisse Ezra indiqué les commandes qui suivent et la jeune employée les dépose aux endroits indiqués. Une fois la serveuse éloignée, Ezra choisit de contre-attaquer avec un ton beaucoup plus léger. Peut-être que l’amorce précédente n’amenait pas l’ambiance légère recherchée. Je décide de sourire un peu, me détendant presque :

- C’est que je conduis ensuite pour rentrer, même si je suis sensée avoir un chauffeur qui m’obéit au doigt et à l’œil, j’ai aussi une moto que j’adore conduire garée pas très loin. Et toi, tu rentres en métro ou tu t’autorises une petite entorse à la légalité ?
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Conseil de printemps [Charlène]
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