Piège de dentelles [PV Charlène Reynolds]




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 Piège de dentelles [PV Charlène Reynolds]

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MessageSujet: Piège de dentelles [PV Charlène Reynolds]   Mar 6 Jan - 18:39

Pour une fois que j'avais une cliente qui ne me parlais pas de ses dix-sept chats ou de ses soupçons d'infidélité concernant son mari ! J'exagère un tantinet bien sûr, mais vous ne pouvez pas imaginer tout ce que les gens racontent lorsqu'ils sont confortablement allongés dans des conditions propices à la relaxation. Lumière tamisée, musique douce, et huiles essentielles diffusées. Mme Lapin m'appris ce jour là qu'elle était passionnée de lingerie. "La dentelle ! Il n'y a que ça de vrai ! Je peux passer des heures dans une boutique de lingerie". Ce n'est pas son vrai nom bien sûr mais on l'appelle ainsi au salon en raison de son manteau en fourrure qui n'a rien de synthétique et de sa charmante manie de nous prévenir au dernier moment lorsqu'elle annule un rendez-vous "Oh mais où avais-je la tête !" ... Je me retenais, tout comme l'ensemble de mes collègues de lui indiquer où elle pouvait l'avoir égarée. Au fond, elle n'était pas désagréable loin de là. Elle avait toujours un mot gentil, et laissait souvent des pourboires. Elle me parlait avec légèreté de sa préférence pour les strings et tangas, de ses tiroirs pleins à craquer de ses parures minimalistes et du corset de ses rêves. Pour ma part je m'efforçais de ne pas imaginer le résultat. Elle n'était pas repoussante, loin s'en faut. Je la soupçonnais d'avoir été un peu aidée par quelques coups de bistouris bien placés... bien qu'elle prétende ses micros cicatrices dues à un accident de jet-ski. N'ayant pour ma part jamais porté autre chose que de la lingerie traditionnelle, je me contentais d’acquiescer de temps en temps et de pousser quelques petites exclamations aux moments opportuns. Tandis que je terminais la séance par le massage de ses jambes aux huiles essentielles de pamplemousse et genévrier, elle me raconta en long, en large et en travers ses dernières acquisitions dans une boutique de prêt-à-porter du centre ville. "Je vous jure c'est absolument somptueux ! Vous devriez y jeter un coup d’œil ! ". Je la remercie pour le conseil, mais ça ne semble pas lui suffire. Elle insiste tant et si bien que je finis par lui promettre de lui raconter ma visite à notre prochain rendez-vous.

- 1620, ... 1626 ... Ah voilà 1630 !

Je rangeais le post-it avec l'adresse dans la poche de ma veste en cuir. Le logo CR étincelant ne trompait pas, c'était bien là. Un rapide coup d’œil à la vitrine m'informa que l'on y vendait pas uniquement de la lingerie. Jolie robe ! Couleur crème, échancrée dans le dos, mes yeux se baissèrent machinalement au pied du mannequin. L'absence totale d'étiquette prix me surpris vaguement mais je ne m'en inquiétais pas et quittant les bruits de la rue, je posais un pied dans l'antre de la mode.

Pas un grain de poussière, des rayonnages espacés, aérés, chaleureux dans lesquels je pouvais passer sans y croiser foules de clientes. Je m'avançais lentement en posant mes yeux ça et là sur les modèles de tunique, jupe et de pantalon qui trônaient à l'entrée. Une vendeuse en tailleur taille mannequin me salua et me proposa son aide aussitôt. Je la déclinais, comme à mon habitude. De toute façon je n'aurais pas su quoi lui demander. Et puis, n'étais je pas venue seulement pour regarder ? Je repérais de loin ce qui m'intéressais : l'espace réservé aux articles de lingerie. Au coin de celui-ci trônait un siège au style baroque, disposé devant les cabines, occultées par d'épais rideaux en velours. Les collections, logées dans un espace en demi cercle, proposaient nombre de modèles plus appétissants les uns que les autres. Cette guêpière couleur chocolat ... Et ce soutien-gorge caramel ! On en mangerait ! Mme Lapin n'avait pas menti, c'était magnifique. Vraiment. En revanche je compris vite pourquoi les prix n'étaient pas affichés en vitrine. Aïe aïe aïe... Il y en a pour une petite fortune ... N'osant pas poser les doigts dessus, je "touchais avec les yeux" les tissus chatoyants.
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MessageSujet: Re: Piège de dentelles [PV Charlène Reynolds]   Jeu 15 Jan - 0:04

Je raccrochais le téléphone avec un léger soupir et refermais l’agenda sur lequel je venais de marquer le rendez-vous, avant de l’ouvrir de nouveau pour vérifier l’après-midi qui m’attendait. Une nouvelle couturière à recevoir mais après j’avais du temps. Sur un papier, j’avais noté les impératifs et hormis travailler sur la future nouvelle collection, il n’y avait rien d’urgent. La veille, j’avais fait un tour sur les ateliers, ce qui me permettait d’accueillir cette postulante. J’aimais beaucoup me tenir au courant de tous les tenants et les aboutissants de la marque qui portait mon nom et même si mon frère gérait une partie également, j’avais un côté perfectionniste qui prenait immanquablement le dessus.

La voix de ma secrétaire murmura sur mon interphone que mon rendez-vous était arrivé. Je la remerciais et lui demandais d’avertir mon chauffeur que je voulais qu’il se tienne près pour une sortie en ville. J’avais décidé de rendre une visite presque incognito à ma boutique de prêt-à-porter. Enfin pas réellement incognito puisque mes vendeuses avaient l’habitude de mes passages un peu à l’improviste et je les avais averti de ne pas faire de différences entre moi ou les autres clientes car si certaines me reconnaissaient, d’autres absolument pas et j’aimais avoir des avis sains sur mes créations car quand j’avais lancé cette idée de prêt-à-porter mon but était de rendre la mode attractive et pratique pour la vie de tous les jours car les pièces des défilés de mode en soi n’avaient pas de côté utile, c’était l’œuvre d’art qui primait.

La jeune femme entra un peu timide, comme beaucoup de candidate couturière. Entrez dans mon bureau et je saurais d’un seul regard si vous souhaitez être vendeuse, couturière, assistante, journaliste. Mon œil m’a rarement trompée. Je lui adressais un geste l’invitant à s’assoir. J’avais son CV devant les yeux, tout comme sa lettre de motivation en tête. Aindreas m’avait déjà reproché cet investissement, je pouvais laisser ces entretiens à mon directeur des ressources humaines mais je ne voulais pas. Mon côté protecteur sûrement, ça allait jusque dans mon entreprise, jusqu’à imposer un côté familial à ma marque.

La jeune femme s’assoit et je l’invite à me parler d’elle, de ce qui l’a amené à postuler pour ma maison de création, ce qui l’intéresse. J’ai quand même laissé quelques travaux à mon DRH puisque les CV et lettres de motivations arrivent d’abord sur son bureau et qu’il fait une présélection qu’il me présente ensuite et c’est lui aussi qui appelle pour donner les rendez-vous selon les besoins de la marque. Elle répondit poliment et d’une voix douce à mes questions. Apparemment, elle n’avait pas grand-chose à me cacher et semblait très volontaire. Je lui proposais au final de se présenter en début de semaine prochaine auprès de la chef d’atelier dont je lui fournis la carte pour faire un stage, si elle faisait effectivement l’affaire, le DRH s’occuperait de son contrat.

A peine était-elle sortie que je m’emparais de mon manteau et quittais mon bureau en m’arrêtant devant ma secrétaire pour qu’elle se charge d’avertir l’atelier des formalités. J’ajoutais que si quelqu’un cherchait à me joindre elle devrait prendre les messages et ne passer la communication sur mon portable que s’il y s’agissait de mon frère ou d’une urgence. Je la connaissais depuis longtemps et à force elle savait reconnaitre une urgence d’une impatience. Je pris l’ascenseur en direct pour le sous-sol où m’attendait ma voiture. Celle avec chauffeur, l’officielle en quelque sorte puisque pour mes déplacements plus privés, beaucoup plus privés, j’avais ma moto.

Je souris à Eric en lui indiquant où nous allions. Il hocha la tête et la voiture démarra. Par habitude, après mes demandes répétées, il arrêta le véhicule un peu plus loin par rapport à la boutique et je sortis. En entrant dans la boutique, je lançais un « bonjour » à la cantonade, comme n’importe quelle cliente. Les vendeuses, une derrière le guichet et l’autre en boutique conseillant une acheteuse apparemment hésitante, me saluèrent sans instance et je me mis à arpenter la boutique où deux jeunes femmes étaient des clientes potentielles. Je me dirigeais vers celle qui n’avait personne pour s’occuper d’elle et qui errait au rayon lingerie. Je dis d’une voix qui pouvait laisser penser que j’envisageais aussi d’acheter quelque chose. Comme une confidence. Et si elle me reconnaissait alors tant pis.


- On en mangerait non ?
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MessageSujet: Re: Piège de dentelles [PV Charlène Reynolds]   Lun 26 Jan - 15:29

Perdue dans la contemplation des étoffes, je ne l'avais pas entendue arriver, si bien que je fus saisie d'un sursaut. Je n'aimais guère me laisser surprendre. Surtout depuis ma dernière dispute en date avec Duncan. J'esquissais ce mouvement de recul, un réflexe, avant d'adresser un sourire d'excuse à la femme qui m'avait ainsi interpellée.

- Oh excusez moi , c'était justement ce que j'étais en train de me dire. Appétissant !

Je jetai un nouveau regard admiratif à la nuisette sous mes yeux. Elle était rose pâle, en mousseline. Elle m'évoquait le côté aérien de la barbe à papa, promesse de gourmandise et de délices sucrés ... J'imaginais volontiers le mannequin défiler dans cette tenue, lui conférant une allure innocente en dépit de l'attrait qu'elle provoquerait certainement chez le spectateur. Il y a du génie là dedans. Je me détournais de l'article pour revenir à la cliente. Une brune longiligne qui à mes yeux représentait la clientèle type de ce genre de commerce. Pour commencer elle était plutôt mince, une chevelure à faire pâlir d'envie jusqu'aux mannequins qui font les pubs pour les shampoings. J'aurai dit que son budget devait être plus conséquent que le mien - ce qui n'est pas difficile en soit on est d'accord - à en juger par sa tenue, sobre mais à la finition parfaite.

- Sur le coup j'ai cru que vous étiez une des vendeuses, comme je leur ai déjà dit que je n'avais pas besoin d'aide, j'ai cru qu'elles revenaient à la charge.

Une voix s'éleva de la cabine à quelques mètres de nous. La jeune femme typée asiatique, ses cheveux teints en roux, était affublée d'une guêpière rouge sang qui visiblement ne lui seyait que très peu. Elle me fixa, me détailla de la tête au pied et enchaîna.

- Excusez-moi, vous pourriez aller me chercher un autre modèle s'il vous plait , j'ai l'impression que ça taille petit.

Mes yeux se posèrent malgré moi sur les petits bourrelets qui se formaient au niveau de sa taille, ce n'était pas qu'une impression ce n'était visiblement pas la bonne taille.

- Je ... euh ...

"Ne suis pas vendeuse, vous faites erreur ! Attendez je vais chercher quelqu'un qui pourra vous aider... " Pas le temps de lui expliquer sa méprise, elle renchérit. Apparemment, elle interpréta mal mon hésitation. Peur que je lui rétorque que ce ne sont pas les vêtements qui sont petits mais bien elle qui a sans doute un peu "forci" ? Ou était-elle seulement pressée ? Quoi qu'il en soit j'eu rapidement des informations complémentaires, et ce de manière un peu expéditive.

- Je fais habituellement du 90B, donc un 95 serait parfait. Merci.

Et là dessus elle referma le rideau. Mais bien sûr Madame, tout à fait ! A croire que moi j'ai le profil de la vendeuse type de lingerie ... Je pouvais bien entendu me diriger vers la cabine, ouvrir le rideau et lui faire remarquer son erreur, histoire qu'elle se sente un peu ridicule et de lui ôter par la même occasion cette expression hautaine. Mais bien sûr je n'allais pas le faire, pas par gentillesse, je devinais que ça la rendrait à moitié hystérique et qu'elle provoquerait un esclandre. Je tenais à continuer ma visite en toute quiétude et surtout sans me faire remarquer. J'échangeais un sourire amusé avec la dame qui avait assisté à la scène.

- Ne me reste plus qu'à trouver cette guêpière et dans la bonne taille, si je lui dis qu'il n'y a plus de stock je la vois bien faire une crise de nerfs.

Je jetais un regard à la ronde, je n'avais strictement aucune idée de par où commencer.
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MessageSujet: Re: Piège de dentelles [PV Charlène Reynolds]   Dim 1 Fév - 22:28

Ma petite intervention eut l’effet d’un recul. Elle faisait sans doute partie des clientes qui n’aimaient pas qu’on leur dise quoi acheter et comment. Je n’appréciais pas particulièrement ça non plus, autrefois, j’entrais dans une boutique en sachant exactement ce que je recherchais et juste un de mes regards suffisaient à faire fuir les vendeuses. Ici j’avais été claire sur les manières d’agir, on est à l’écoute des demandes des acheteuses. Mais rien n’empêchait que la patronne se mêle à la clientèle. Et j’étais ravie de constater que les tenues produisaient l’effet voulu. La publicité dans laquelle j’avais investi tenait place dans une fête foraine, gourmandises à volonté, autant que les tenues.

Pourtant, en détaillant la jeune femme, je me dis qu’elle ne faisait assurément pas partie de la clientèle habituelle. Qu’est-ce qui l’avait poussée là ? C’était intriguant et ce qu’elle pourrait me dire me permettrait de me rendre compte de ce que recherchaient certaines personnes. Après un regard sur quelques autres tenues, la jeune femme se tourna de nouveau vers moi et s’excusa de m’avoir prise pour une vendeuse. Je fis un petit signe de la main pour lui signifier que ce n’était pas grave. Je continuais à scruter le placement des mannequins, des vêtements, des nouveautés et des promotions quand une voix sortie d’une cabine toute proche.

La femme qui survint juste derrière n’avait visiblement pas une tenue adéquate à sa morphologie, et je n’étais pas certaine que la couleur ne lui convienne mais après c’était uniquement mon point de vu. Elle crut avoir affaire à une vendeuse quand elle détailla la jeune femme qui avait fait la même bévue me concernant. Sans lui laisser le moindre laps de temps pour parler, elle expliqua qu’elle voulait le même modèle mais dans une autre taille, et j’eus un léger sourire en coin en entendant son prétexte. Pour le coup, je savais que mes tailles ne se basaient pas sur le « mannequinat » mais sur un panel de personnes « réelle ».

La jeune femme tenta de protester mais c’était peine perdue, l’autre enchaînait sans même voir le visage atterré de son interlocutrice. Moi, en revanche, j’assistais au spectacle c’était si rare ce genre de scène. Surtout que la dame de la cabine avait l’air de mal supporté la critique quand à ce qu’elle pouvait ou non porté. Je me dirigeais un peu plus sur ma gauche, d’un coup d’œil, j’avais pu voir ce qui lui conviendrait. Je saisis l’objet de convoitise et j’y ajoutais la même mais dans une couleur qui lui irait mieux sans aucun doute. Je faisais ce métier depuis bien trop longtemps pour ne pas douter de mes capacités.

Quand la jeune femme encore toute abasourdie se tourna vers moi avec un petit sourire amusé, je le lui rendis et ne pouvais qu’hocher la tête quand elle évoqua une éventuelle crise de nerfs. Je la vis aussitôt essayer de repérer ce qu’il fallait pour assouvir le désir de la cliente derrière le rideau pourpre. Je m’approchais et lui tendis les deux tenues récupérées par mes soins alors qu’une des vendeuses s’approchaient à pas menus. Je lui adressais un coup d’œil qui signifiait que c’était bon.


- Tenez, voici ce qu’elle cherchait. C’était juste à côté de moi.

J’avais précisé ça en haussant les épaules. Finalement c’était assez rare de pouvoir s’amuser de peu en ce moment. Et surtout ça me sortait un peu la tête de tout ce qui m’accaparait généralement. On me disait souvent trop sérieuse mais quand on est chef d’entreprise et chef de chasseurs, il y a des choix qui deviennent bien plus que nécessaire.
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MessageSujet: Re: Piège de dentelles [PV Charlène Reynolds]   Ven 20 Mar - 17:04

Je me saisis des articles qu'elle me tendait avec un regard d'abord interrogateur et la remerciais. Baissant les yeux sur les étoffes, je les fixais en m'efforçant de ne pas paraître perplexe. Pourquoi deux tenues ? La cliente en question n'en avait demandé qu'une. Mais qu'est ce que j'allais faire de cette deuxième guêpière ? ... Le souvenir de son allure rougeoyante m'éclaira. C'est vrai que le vert émeraude lui irait mieux au teint. Et le petit conseil de la vendeuse, le côté professionnel, l'avis "expert" la mettra peut être en confiance, l'apaisera ... C'est à espérer.

- Bonne idée ! Merci !

Je me dirigeais vers la cabine d'un pas mesuré et m'arrêtais devant.

- Madame ?

Elle tira l'épais rideau d'un geste sec, avec son air pincé et examina les cintres dans mes mains.

- Voici le modèle "Délice de Pomme d'amour" en 95B comme vous me l'avez demandé. Et si vous me permettez une suggestion, le modèle "Fondante Glace à la menthe" qui à mon sens vous irait à ravir. Il mettrait vos yeux en valeur.

Le tout sans la moindre marque d'hésitation. Je m'improvisais vendeuse en lingerie et je faisais illusion. Incroyable mais vrai. Cette femme verrait mes nuisettes noires certes bordées de dentelles mais somme toute classiques, je perdrais aussitôt toute crédibilité. Mes paroles parurent toutefois lui convenir.

- Huumm ... Oui. Pourquoi pas, je n'y avais pas pensé.

Elle se fendit même d'un "merci". Avant qu'elle n'occulte la cabine, mon regard glissa et se fixa sur un détail. J'eu la surprise de distinguer deux traces de morsures bien nettes sur sa cuisse. Le rideau retomba devant mon embarras. Apparemment elle n'avait pas remarqué mon expression, trop fugace. Déroutée par cette vision, je retournais vers les rayonnages à ma contemplation. Certes, j'avais déjà vu ce types de marques se détacher sur la peau de mes clientes. Ca n'avait rien de nouveau. Sans compter que j'étais plutôt mal placée pour jouer ma vierge effarouchée. On appelle ça l'hôpital qui se moque de la charité je crois. Mais quand même ... quand je discernais ce genre de choses sur la peau de mes clientes il y avait un climat "d'intimité". Je m'attendais à voir ce genre de choses et puis en général, l'atmosphère relaxante, propice aux confidences, rendait les choses plus simples, mes clientes me parlaient d'elle même de leur amant, voire de leur clients aux dents longues. Je tentais de dissiper le malaise en m'intéressant de nouveau à la collection fête foraine. Je m'arrêtais devant la nuisette "Tourbillon de Barbe à Papa". J'étais déjà restée près de cinq minutes à l'examiner sous toutes les coutures, tout à l'heure. Je n'osais même pas regarder l'étiquette prix. Vous voyez ce rêve ? Il est un peu comme une bulle de savon, si fragile. Je savais bien qu'il était éphémère, mais si je pouvais le faire durer encore un peu ... J'en avais oublié l'autre cliente. Une cliente régulière si je me fiais à sa rapidité à trouver les bons articles. Je me rendit compte de mon impolitesse et relevais les yeux vers elle.

- Pardonnez moi, j'étais dans mes pensées. Heureusement que vous êtes là, sinon j'aurai tendance à penser que toutes les clientes de cette boutique sont aussi snobs et hautaines.

Je désignais l'article sur lequel je lorgnais quelque minutes auparavant avec un sourire amusé.

- C'est vraiment joli, mais tout le monde n'a pas vraiment l'allure qui va avec ce genre de modèle. Je pense qu'il devrait y avoir un truc qui permette de savoir tout de suite si un article nous va sans même l'essayer. J'ai déjà vu ça pour la coiffure. Le programme prenait une photo et permettait de choisir la teinte qui irait le mieux à nos cheveux ! Bon forcément ici il faudrait quelque chose d'un peu plus complexe, un genre de borne informatique avec des capteurs qui permettraient de numériser notre image et de plaquer l'ensemble désiré dessus.

Evidemment tout ça faisait très science-fiction. J'allais encore passer pour une originale.

- Bon évidemment ça ne collerait pas vraiment avec l'ambiance ...


Dernière édition par Helena Wheeler le Dim 5 Avr - 9:29, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Piège de dentelles [PV Charlène Reynolds]   Dim 5 Avr - 1:01

Apparemment ça ne dérangeait pas la cliente de jouer à la vendeuse, et il fallait aussi avouer qu’en un coup d’œil on voyait d’après ses vêtements que ce n’était pas dans ses habitudes de s’habiller avec ma marque, mais je pouvais me tromper. Nous étions parfois surpris de découvrir le véritable visage d’une personne. Le mien d’ailleurs en surprendrait sans doute plus d’un. Mais ce petit moment en boutique s’annonçait plus drôle qu’instructif mais ce n’était pas pour me déplaire. Elle saisit les ensembles que je lui avais tendus et s’approcha de la cabine. De loin, j’observais la scène. La cliente ouvrit le rideau avec un air toujours pincé comme ces femmes qui pensent que le monde entier se doit d’être à leur botte. Assez insupportable, j’en avais remis plus d’une à leur place lors de rendez-vous. Quitte à perdre une éventuelle cliente, je n’étais pas à leur service, je faisais simplement mon job.

Pas mal le compliment sur les yeux, cette fille savait vendre les choses, peut-être travaillait-elle dans la communication ou le marketing en tout cas, elle devrait tenter sa chance dans une de ces deux branches ; elle aurait toutes ses chances. Ou alors s’essayer à une carrière d’actrice ! En plus, la cliente ne trouvait rien à dire devant l’aplomb de son interlocutrice. J’entendis même un vague merci, ce qui n’était pas mal. Ravie de la suite des événements, je continuais mon excursion au gré des rayons, inspectant la mise en place des différentes tenues, le privilège accordé à celle sur les mannequins.

Je tiquais un peu d’ailleurs en remarquant qu’on ne distinguait presque pas le « Extase en pomme d’amour », pourtant, elle avait eu un excellent écho sur la toile si j’en croyais les ventes par internet et les avis combinés. Ce n’était pas normal une sous exploitation. L’autre chose qui commençait à profondément m’agacer, c’était la mise en boutiques de certaines tailles et la dépréciation d’autres qui se trouvaient sans aucun doute dans l’arrière-boutique. Les vendeuses et la gérante allaient entendre parler du pays ! Surtout que, vis-à-vis de la gérante j’avais déjà été assez claire la dernière fois et elle avait lâchement accusée les vendeuses, ce qui m’avait déjà passablement énervée. En confrontant toutes les parties, je pourrais avoir une idée générale et prendre les décisions qui s’imposent. Moins de ventes, ces derniers temps, la raison devait être connue.

La jeune femme de tout à l’heure avait quitté son rôle de vendeuse et était en arrêt devant une des nuisettes aussi vaporeuse que la texture de la barbe à papa dont elle portait le nom. Elle lui irait bien mais ce n’était sans doute pas la tenue qui lui irait le mieux. Avec son teint pâle et ses cheveux brun, on pouvait la comparer facilement à Blanche-Neige, ça me donnait quelques idées pour une nouvelle collection du coup. Mais pour le moment, du rouge ou du bleu nuit lui siérait bien plus. Pourtant je lui glissais doucement en passant près d’elle :


- Après tout ce temps passé devant, vous devriez au moins l’essayer.

Elle allait se vexer après. Enfin si tant est qu’on reconnaisse une âme à une nuisette ce dont je doutais mais puisqu’on avait accepté les vampires, tout était à présent possible. Mais apparemment elle avait passé beaucoup de temps dans ses pensées puisque la femme sortait de sa cabine avec le deuxième ensemble et lui dit :

- Bonne idée…. Faîtes-moi pensez à vous donner un pourboire….

« Snobs et hautaines » avait-elle dit. Je ne pouvais lui donner tort mais ça n’avait pas été ma volonté première en ouvrant cette boutique. Je voulais quelques choses de plus cheap et moins select mais apparemment Aindreas l’avait entendu différemment mais on n’était pas à l’abri que je remette les choses au clair. J’avais juste eu bien d’autres chats à fouetter depuis mais je ne laisserais pas les choses dégénérer. Sur internet, l’avis n’était pas le même. En parlant technologie, l’idée avancée par la jeune femme était intéressante et méritait que je m’y arrête. Je souriais à peine :

- C’est une bonne idée ça ! Nous deviendrons toutes des top models d’une certaine façon et en même temps, il y aurait moins de temps perdu dans les cabines d’essayage. Elles n’entreraient qu’en deuxième phase, avec l’étude de la matière. Est-ce assez doux pour ma peau ? Pas trop rugueux ?

Oui ça méritait qu’on s’y attarde. J’en déduisais aussi qu’autant de temps passer devant une tenue sans l’essayer revenait à redouter le prix mais ils étaient plutôt abordable normalement, plus chers que dans une chaine de magasins certes néanmoins, comme la maison elle-même fonctionnait très bien sans ce service en plus, j’avais demandé à ce que les prix ne comprennent que celui de la confection pas la matière. Et sur ça c’est sur on m’avait écoutée.

- Mais tant que cette technique n’existe pas, vous êtes condamnée aux cabines d’essayages.

… Que la cliente exigeante quitta avec la seconde tenue à la main, glissant un billet à mon interlocutrice avec un « tenez mon petit » bien condescendant. J’en levais les yeux au ciel.
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MessageSujet: Re: Piège de dentelles [PV Charlène Reynolds]   Lun 22 Juin - 15:59

C'est vrai qu'il pouvait sembler ridicule de venir, passer autant de temps devant cette nuisette et ne pas l'essayer. Je pris le modèle et le tendis devant moi pour la regarder encore une fois. J'avais presque peur de voir le résultat sur moi, de me tourner vers le miroir pour me rendre compte qu'elle a perdu toute sa splendeur sur ma peau. Dommage que ce logiciel révolutionnaire n'ait pas encore été inventé. Mais comme le faisait si bien remarquer mon enthousiaste interlocutrice, à défaut de technologie de ce type, il me faudra passer par la cabine d'essayage, me prêtant au jeu de la cliente précédente.

Celle-ci choisit ce moment pour ressortir de la cabine, avec sa guêpière à la main. Elle me colla un billet dans la main, sans se départir de ce petit air supérieur qu'elle avait déjà affiché précédemment. Je la suivis du regard en haussant un sourcil tandis qu'elle s'avançait vers les caisses.

- Merci …

Je défroissais le billet dans ma main. 20 Dollars. Hautaine mais pas radine. Admirant l'illustre portrait imprimé je m'interrogeais. Ce billet ne m'étais qu'à moitié destiné. Sans ma sauveuse, je n'aurais pas pu lui clouer le bec la conseiller.

- Sans vous je n'aurais pas pu m'en sortir. Nous pourrions boire un verre.

Dis-je en agitant le billet.

- On pourrait en profiter pour se présenter correctement loin des clientes sauvages mais généreuses !

L'invitation lancée, je me tournais lentement vers la cabine .

- Et bien … je vais pouvoir passer à l'essayage.

Je pénétrais dans la cabine. Bien évidemment la cliente précédente y avait laissé non seulement le modèle qu'elle ne prenait pas, le cintre de l'article qu'elle avait emmené en caisse. J'étais en train de me dire qu'elle pouvait se permettre d'être généreuse étant donné sa considération du petit personnel quand mon pied choqua contre un objet sur le sol. Je baissais les yeux pour trouver un flacon, probablement tombé de son sac. Je me baissais pour le ramasser dans l'idée de le lui rapporter mais la couleur du liquide qu'il renfermait retint mon attention. Rouge et épais, il luisait tel un rubis sous les spots de la cabine. Je demeurais ainsi quelques secondes puis je relevais les yeux. Comme je n'avais pas encore tiré le rideau, l'autre cliente avait également assisté à ma découverte. J'ignorais si Mme Pourboire était toujours dans la boutique. Et même si c'était le cas, devais je lui ramener ce flacon ? Le sang ne trompait pas. Et vu les marques que j'avais vu sur sa cuisse, j'avais un affreux doute sur l'origine de celui-ci. Je pouvais difficilement rendre ce flacon comme si de rien n'était. Je me penchais pour risquer un regard en direction des caisses. La cliente ne s'y trouvait plus. Elle a du partir. Je ne pouvais donc plus lui remettre. Ça réglait la question. J'adressais un sourire à la brune et posais le flacon sur le tabouret dans la cabine et tirais le rideau. Ça me laissait du temps pour réfléchir. Je retirais mes vêtements et les accrochais un à un au porte manteau avant d'enfiler la tenue vaporeuse. J'hésitais un instant avant de croiser mon reflet dans le miroir. La nuisette en elle même était absolument magnifique. Douce et acidulée comme un bonbon, mais elle ne parvenait pas à illuminer mes traits. Le tout me donnait plutôt une allure spectrale et mettait l'accent sur les cicatrices que l'ont devinait sur l'intérieur de mes cuisses. Bien que nos cicatrices n'aient pas la même origine, je repensais à la mordue avec un frisson. Je regardais le flacon du coin de l'oeil, curieuse de ce qu'il renfermait. Je tentais d'en imaginer le propriétaire, un multicentenaire brun au teint pâle. J'étouffais un rire. Que de stéréotypes ! Je me changeais pour sortir de la cabine ne sachant toujours pas ce que j'allais faire du flacon.
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MessageSujet: Re: Piège de dentelles [PV Charlène Reynolds]   Jeu 2 Juil - 0:25

Le geste de la jeune femme était celui que j’avais vu faire des dizaines, voire des centaines de fois. C’était pourquoi aussi j’aimais mon métier, imaginer un vêtement sur un corps, une texture sur une peau, un mouvement avec un tissu. Elle a une silhouette absolument parfaite pour porter presque n’importe quel vêtement sans même l’essayer. Sans pour autant être filiforme. Et peut-être un peu petite pour être mannequin. Mon œil expert la détaille presque malgré moi. Je me rappelle alors que plus jeune, en classe, je m’amusais à créer, à imaginer, une tenue pour chacun de mes camarades ; au lieu d’apprendre mes leçons, ce pour quoi Aindréas m’aidait quand nous rentrions à la maison.

La cliente peu sympathique sortit de sa cabine, glissa un billet dans la main de la jeune femme qui tenait encore la nuisette contre elle et s’éloigna avec hauteur. Personne n’est parfait mais le monde est souvent surprenant. Ça j’en étais persuadée, malgré ce que je connaissais du monde qui m’entourait. Je la vois alors regarder le billet puis me fixer en affichant un sourire. Sa proposition est surprenante mais d’un autre côté, c’est une jolie façon de partager un pourboire qu’on a quelque part gagné ensemble. Je souris quand elle ajoute un trait d’humour sur les clientes sauvages des magasins haute couture. Il faudrait d’ailleurs que je reparle de ça avec Aindréas parce qu’il y a bon marché et bon marché.

Elle se dirige quand même vers la cabine avec la nuisette puisque cette dernière semblait inévitablement l’attirer. Le rideau s’ouvre et je distingue dans la cabine un flacon. Vu le contenu, c’était du sang, sans nul doute possible. La femme qui payait sa tenue à l’instant même était donc une adepte vampirique. Je n’affichais aucune émotion mais intérieurement, je grimaçais. Une amoureuse des vampires en Charlène Reynolds. Il y avait de quoi rire car nul n’ignorait ma prise de position à ce sujet. Mais après, les modeuses sont des personnes pleines de contradictions. Et la mode comme la vampiromania est une passion que certains ont des difficultés à contrôler. Et même si l’idée que certaines acheteuses puissent affectionner les vampires me dérangeait, je ne pouvais pas demander un fichage en règle de ma clientèle. J’allais donc devoir faire abstraction pour le moment.

Je décide donc de me changer les idées et continue mon tour dans les rayons avant de m’approcher des vendeuses pour leur demander si elles se trouvaient trop peu nombreuses et voulait une ou deux vendeuses supplémentaires. Nous discutons un peu d’arrêt maladie et de ses abus. J’en prends note mentalement et retourne vers les rayons, laissant mes doigts errer sur les différentes matières. Au moins, là-dessus, il n’y a aucune déconvenue. Pour mon sens du toucher si aiguisé, c’est un bonheur. La jeune femme achève son essayage alors que je ne suis pas dans son champ de vision. Va-t-elle rendre le flacon aux vendeuses en achetant la nuisette ou même en la reposant ? Je approche de la sortie en regardant les bijoux pendus au mur puis, semblant découvrir que la jeune femme est de nouveau dans la boutique je m’approche en souriant.


- Alors prête pour un petit verre ? Et cette nuisette a-t-elle l’effet recherché ?

La question est ouverte, ça allait me faire du bien de sortir et voir de nouvelles têtes. Aindréas me disait parfois que j’avais besoin de m’aérer et de faire de nouvelles rencontres alors pour le coup, il n’allait pas se plaindre, je suivais ses instructions à la lettre. On verra bien où toute cette histoire allait me mener.
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MessageSujet: Re: Piège de dentelles [PV Charlène Reynolds]   Mer 7 Oct - 13:18

Je tentais d’ignorer le flacon tandis que je repassais mes vêtements, mais mon regard revenait sans cesse dessus. Un flacon de sang, … ce n’est guère le genre de chose que l’on s’attend à trouver par hasard. Des billets, des chewing gum, un téléphone portable pourquoi pas ! Mais du sang … C’est glauque et fascinant à la fois. En enfilant ma veste j’hésite une dernière fois. Je ne peux décemment pas laisser ce flacon derrière moi dans la cabine. C’est vrai, après tout, si je le laisse n’importe qui peut le trouver ! Une autre cliente qui dégoutée prendra la fuite du magasin (qui ne mérite pas du tout cette réputation) ou pire une autre toxico qui trouvera une dose gratuite (ce qui est plutôt cool pour elle d’un certain point de vue mais je ne peux pas cautionner ça …).
J’embarquais le tube dans mon sac, le glissant aussi profondément que possible avant d’ouvrir le rideau, espérant que l’absence du flacon passe inaperçu. J’avais l’impression bizarre que mon sac était plus lourd, comme si j’y cachais une arme ou un organe, ou toute autre preuve que j’avais commis un meurtre. Pourtant je me savais innocente à ce sujet, et je savais mes intentions pures, pour une fois. Mes pensées vagabondaient toutes rivées vers ce flacon débile ! Et si la cliente revenait le chercher ? Est-ce que les vampires le sentent lorsqu’on a un truc comme ça dans son sac ? Qu’est ce que je vais en faire ? Le vider dans les toilettes ? Je ne pouvais imaginer le vendre, et encore moins le consommer. Je ferais mieux d’en parler à Duncan …
C’est avec un brin de nervosité que je sorti de la cabine et reposais la nuisette ainsi que la guêpière abandonnée à leur place. Je retrouvais non loin de là mon alliée des cabines.

- Oui oui c’est parti ! Je pourrais noyer mon désespoir puisque cette magnifique nuisette ne me va absolument pas !

A peine exagéré … Je repris avec plus de sérieux.

- Non, vraiment ce n’était pas terrible. La nuisette est superbe mais j’ai juste l’air d’une poupée zombie dedans.

Je sorti en direction de la rue, retrouvant l’agitation et le brouhaha de la ville. Ce n’était pas les lieux qui manquaient pour papoter devant un verre dans les environs, mais je manquais d’inspiration. Je me tournais vers l’inconnue en me disant qu’il était peut être temps de se présenter.

- Désolé, mieux vaut tard que jamais. Je m’appelle Helena. Vous voulez aller quelque part en particulier ? Au pire je connais un café plutôt tranquille pas loin d’ici.
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MessageSujet: Re: Piège de dentelles [PV Charlène Reynolds]   Ven 23 Oct - 22:29

Mentalement, alors que je savourais du bout des doigts les différentes textures des vêtements proposés, je notais l’échelle des prix. Effectivement, c’était un peu plus excessif que ce à quoi j’aspirais et il faudrait que j’en touche deux mots à mon cher frère chargé du côté économique de l’entreprise. J’avais voulu une accessibilité et pas seulement pour les gens de la haute société. Là, le contrat n’était pas rempli et ça me déplaisait. Heureusement que la marque était nouvelle venue sur le marché du prêt à porter, tout pouvait encore s’ajuster.

La jeune femme qui m’avait proposé un verre avant d’essayer la nuisette qu’elle convoitait depuis un moment, sortit de la cabine. Elle rangea soigneusement l’article qui visiblement ne lui convenait pas et également la guêpière laissée là par l’ancienne cliente. C’était gentil de sa part, je serais presque tentée de lui proposer un poste dans la boutique. Sauf quand elle parle de poupée zombie… Je souris légèrement, les zombies c’est pas mon truc, tout comme les vampires mais les raisons sont différentes.

En sortant à la suite de la jeune femme, je constate d’ailleurs discrètement que le flacon a disparu de la cabine. Alors soit j’avais eu une hallucination, ce qui m’étonnerait grandement ; soit la nouvelle propriétaire se tenait devant moi tout sourire. Serait-elle une de ses adeptes vampiriques ? Je sourcillais un peu, hésitant presque sur cette spontanéité qui m’avait fait accepter d’aller prendre un verre avec une quasi inconnue, qui combla ce manque en se présentant.


- Va pour le café plutôt tranquille ! Je n’ai pas de préférence de toutes façons. Moi, c’est Charlène.

Je voulais sortir un peu de ma routine, parler d’autres choses que de fashion week et de tissus, vivre un peu le temps d’une après-midi. Nyx ne me suivait pas comme mon ombre pour une fois et mon chauffeur resterait dans le coin donc il n’y avait pas de risques, enfin pas tant que ça. Sauf qu’il fallait que je garde cette fille à l’œil parce que mon prénom ferait sans doute tilt dans sa tête et mes propos médiatiques sur les vampires n’allaient sans doute pas de paire avec le flacon qu’elle venait de prendre l’air de rien. D’ailleurs était-elle réellement si innocente que ça en pénétrant dans mon magasin… Et voilà que Charly, méfiante et misanthrope, reprenait le dessus….

Wait and see. C’était la seule chose à faire pour le moment. J’attendis patiemment la suite au milieu du brouhaha général, musique citadine si familière.
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MessageSujet: Re: Piège de dentelles [PV Charlène Reynolds]   

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Piège de dentelles [PV Charlène Reynolds]
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